Trancher sous le coup des émotions : dangereux !

Trancher sous le coup des émotions : dangereux !

Les prises de décisions sous la colère sont dangereuses. Car elles s’avèrent toujours lourdes de conséquences. Le manager devra en prendre compte lors de la gestion de conflits ou de règlement de situations délicates. Le salarié aussi devra mettre de l’eau dans son vin avant de réagir sous le coup de la colère. Car la situation irréversible guette toujours dans de pareils cas. Et le retour à la normale s’avère très difficile après un «électrochoc» du genre. Les recherches de Karine Aubry, spécialisée en coaching de dirigeant et manager, sont édifiantes à ce niveau.

«Sous la face visible de cet acte qui fait miroiter une raison tout puissante se cache un entrelac de facteurs au premier rang qui renvoient aux émotions. Celles-là mêmes qui suscitent méfiance et déni en entreprise… et se retrouvent dans les choix des managers et des dirigeants!».  Déjà sur le plan étymologique, décider renvoie au mot trancher qui sans son sens premier veut dire couper… La signification brute rappelle ce moment décisif où le manager devra trancher sans être réellement sûr qu’il a fait le bon choix. Et si la colère s’en mêle, la certitude de ne l’avoir pas fait est quasi certaine.

Selon Karine Aubry, «trancher est plus facile en effet quand nous sommes mus par une émotion simple et forte. Décider de licencier un collaborateur est facilité par la colère». Les exemples à ce niveau sont nombreux… Dans le cas contraire, la joie et la confiance permettent aussi de faciliter des prises de décisions telles que la promotion d’un salarié.

Il est clair que dans certains cas, les pulsions peuvent jouer des tours et s’avérer néfastes au bon déroulement des choses dans la vie d’une société. Toujours est-il que les émotions «collent» inévitablement aux prises de décisions et les éviter est impossible. Les plus sages préfèreront réfléchir à deux fois avant de trancher. Les plus téméraires le feront sans sourciller, se sentant investis d’un quelconque pouvoir. La recherche, notamment par Damasio, auteur de l’Erreur de Descartes (1994), a permis  de faire le lien entre la raison et l’émotion. Selon Jean Pierre Changeux, auteur de la préface, «le système de raisonnement a évolué car il est une extension du système émotionnel automatique, l’émotion jouant des rôles divers dans le processus de raisonnement».

Enfin, l’intuition peut aider dans la prise de décisions lorsque le manager n’a pas toutes les données entre ses mains. C’est l’acte de voir d’un seul coup d’œil. Mais ce n’est pas donné à tout le monde!

Dans toutes les situations, la sagesse et le recul seront fortement recommandés pour une prise de décision importante.

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