Transformation RH : PwC au Maghreb lance son activité People & Organisation

Transformation RH : PwC au Maghreb lance son activité People & Organisation

En acquérant le cabinet Optimum Conseil, PwC au Maghreb se positionne dans l’accompagnement des entreprises impactées par la transformation digitale. Les experts placent désormais la culture d’entreprise au cœur des priorités pour y parvenir. Les gouvernements devront faire de même. Explications.

Avec l’acquisition du cabinet conseil Optimum Conseil, PwC au Maghreb lance son activité People & Organisation (P&O) pour accompagner les entreprises dans leur projet de transformation. «La démarche a eu sa part de risque mais cela nous a permis de créer des synergies nouvelles, de recruter davantage de talents. A travers ce rapprochement, notre offre de valeur From Strategy to Execution est différente». C’est ainsi que Karim Tazi, associé leader P&O Maghreb, introduira sa présentation officialisant le lancement de cette nouvelle activité qui consolide les premiers métiers développés par PwC, à savoir les prestations en audit.

Pierre Antoine Balu, associé PwC, leader P&O, a à son tour mis l’accent sur la nécessité de mettre en exergue l’impact du digital sur les métiers compte tenu des préoccupations quasi unanimes des entreprises. «Du secteur bancaire à l’industrie, en passant par les services, les enjeux sont les mêmes. Au-delà, il existe un enjeu sociétal qui engage les pouvoirs publics», avance-t-il.

L’enquête diligentée à travers le monde par la CEO Survey en 2018 a permis de faire ressortir deux sujets majeurs au cœur des préoccupations des dirigeants en Afrique, à savoir le capital humain et l’efficacité des organisations.  Cette investigation fait état déjà que 87% sont soucieux de la disponibilité des compétences clés. 80% estiment que «l’efficacité opérationnelle sera un levier de croissance sur les 12 prochains mois. 59% estiment par ailleurs que l’absence de compétences clés impacte la qualité des standards ou encore la qualité de l’expérience client». L’enquête fait également ressortir que 65% de l’échantillon estiment que «l’absence de compétences clés impacte très fortement leur capacité à innover».  54% d’entre eux estiment qu’«en raison de l’absence de compétences clés, ils ne peuvent atteindre leurs objectifs de croissance».

Concernant le Maroc, la récente étude menée par PwC Maghreb sur les travailleurs marocains cette fois-ci fait ressortir à hauteur de 62% leur optimisme quant à l’impact de la technologie sur les emplois. Cette tendance, contrairement à la France, laisse présager de la part des salariés marocains une prédisposition à se perfectionner pour s’adapter aux nouvelles mutations. 77% estiment que «la technologie contribuerait à améliorer leurs perspectives d’emploi à l’avenir. 83% des travailleurs se disent prêts à acquérir de nouvelles compétences pour notamment améliorer leur employabilité».

Les tendances sont édifiantes dans le sens où elles sont des fois inverses aux résultats enregistrés dans d’autres pays, notamment en France. Au Maroc en effet les femmes sont plus optimistes que les hommes sur l’impact du digital sur les perspectives d’emploi. En France, les principaux emplois qui risquent de disparaître concernent a contrario les femmes, ce qui crée un réel débat sur la question du genre. 

Compte tenu de toutes ces mutations touchant même l’expertise de base de PwC, à savoir l’audit en raison de l’automatisation des processus, les équipes ont bénéficié de formation. «3 milliards de dollars ont été injectés dans la formation des équipes à l’échelle mondiale afin qu’elles puissent mieux comprendre l’impact de la digitalisation et les actions à mettre en œuvre pour accompagner les entreprises clientes», explique en effet le porte-parole de PwC Monde. Pour lui, le préalable de toute action de transformation réside dans la culture d’entreprise. «Et quand on sait que l’on a beaucoup travaillé la stratégie et le modèle opérationnel ces 40 dernières années et qu’on a laissé de côté la culture il n’y a aucune chance que ça marche», rappelle l’expert. L’agilité managériale représente également une alliée essentielle à la transformation RH. Et c’est bien dans cette perspective que l’activité People & Organisation a été créée. Considérant l’individu comme une compétence et non comme une ressource à l’instar des directions des ressources humaines classiques, ce nouveau pôle s’intéressera à l’évolution des métiers. Les consultants feront dans un contexte environnemental changeant la différence entre les hupskilling et les Reskilling. Les premiers correspondent aux métiers adaptés dans le cadre de la transformation numérique mais qui demeurent préservés. Les seconds sont au contraire les cas envisagés quand les métiers changent complètement à cause de cette implémentation digitale.

En définitive, pour préparer l’avenir, les managers doivent travailler sur la culture d’entreprise qui représente un levier fort de compétitivité. 

Au-delà, cet enjeu dépasse le périmètre de la société. Il doit être intégré au projet de société d’un Etat. Les prises de conscience sont réelles dans des pays comme le Luxembourg, Singapour ou la Chine. Le Maroc accuse des retards certains.

Future of work

Une disruption massive qui s’annonce

* 80% des CEO soucieux de la disponibilité des compétences

* 60% des métiers actuels directement impactés par la technologie et l’automatisation

* 40% des gains de productivité peuvent être atteints par la technologie

* 20% de nouveaux métiers créés au sein des organisations (Selon la vision PwC)

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