Une commission de l’emploi pour bientôt: 13 ministres pour combattre le chômage !

Une commission de l’emploi pour bientôt: 13 ministres pour combattre le chômage !

A moins d’une année de la fin de son mandat, le gouvernement veut mettre les bouchées doubles pour accélérer les réformes autour de l’emploi. Ainsi, un projet de décret visant à créer une commission ministérielle chargée de l’emploi serait en passe d’être adopté. Le texte, s’il est approuvé, ratissera large pour lutter contre le chômage dans nos contrées.

Pas moins de 13 ministères sont concernés par ledit projet. Ils figureront en tant que parties prenantes à la future commission, avec la possibilité d’impliquer également «toute autre autorité gouvernementale ou institution publique concernée par les travaux de la commission».  Le document semble avoir été préparé avec un soin particulier : il repose sur une approche participative avec les secteurs publics et les partenaires sociaux.

Il prend en compte la situation de l’emploi au Maroc, avec un zoom sur le chômage des détenteurs de diplômes et des jeunes, ainsi que le chômage dans le milieu urbain, lesquels enregistrent des taux toujours élevés, et ce par rapport au taux global national. Le texte met également l’accent sur l’insertion des femmes et des jeunes dans le marché de l’emploi, l’amélioration de la gestion de ce marché et l’établissement de l’interaction entre les différentes stratégies sectorielles, notamment dans les domaines agricole, industriel, touristique ou de l’énergie.

La commission sera placée sous la présidence du chef de gouvernement, qui sera chargé de vérifier les procédures opérationnelles visant la promotion de l’emploi, le développement des opportunités de travail et le renforcement des programmes actifs pour l’emploi et la médiation dans le marché du travail. La commission se réunira deux fois par an sur recommandation de son président et selon des plannings dressés par le ministère de l’emploi. Mais elle ne sera pas tributaire uniquement de ce calendrier, puisque des réunions pourront être planifiées chaque fois que nécessaire sur demande du chef de gouvernement. Une commission technique, dont les réunions seront cette fois trimestrielles, devra également assister la commission ministérielle de l’emploi.

Elle sera placée sous la direction du ministre de l’emploi, et chargée de superviser les différents décisions et programmes. Notons que la Commission ministérielle de l’emploi sera assistée par une autre commission sur le suivi cette fois de la stratégie nationale de l’emploi, et qui sera placée sous la houlette du ministre de l’emploi et des affaires sociales. Cette dernière supervisera toutes les réalisations accomplies au niveau national et qui concernent l’emploi, en coordination avec les conseils régionaux qui auront également leur rôle à jouer.

Les ministères concernés
 

La future commission ministérielle chargée de l’emploi se composera du :

– Ministre de l’intérieur

– Ministre des affaires étrangères et de la coopération

– Ministre de l’économie et des finances

– Ministre de l’agriculture et de la pêche maritime

– Ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle

– Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres

– Ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique

– Ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social

– Ministre chargé de la communauté marocaine à l’étranger et de l’immigration

– Ministre de l’industrie artisanale, de l’économie sociale et solidaire

– Ministre de la jeunesse et du sport

– Ministre de l’habitat de la politique de la ville

– Ministre de l’emploi et des affaires sociales

Comment fonctionnera la commission ?

Beaucoup de souplesse a été accordée à la commission ministérielle de l’emploi, dont les réunions ne seront pas restreintes. Ainsi, en plus des 13 ministres membres de la commission, le président de la commission pourra, en outre, «convier à participer toute autorité gouvernementale ou institution publique qui sera concernée par les travaux de la commission», mais également «toute personne dont la participation sera jugée utile». Les membres de la commission (ministres ou autres) pourront désigner des délégués pour assister à leur place aux réunions. Ces derniers, pour être éligibles, doivent toutefois posséder des statuts de secrétaires généraux, de directeurs centraux, ou de leurs représentants. Le ministre de l’emploi (ou son délégué) jouera le rôle de secrétaire permanent auprès de la commission. Un rapport sera régulièrement préparé sur les activités et programmes de la commission.

De l’emploi oui, mais de la qualité aussi !

Souvenez-vous, nous avons été les premiers à annoncer sur nos colonnes la mise en place d’une stratégie nationale de l’emploi au Maroc. Une stratégie bien ambitieuse et que la mise en place d’une commission ministérielle de l’emploi entend renforcer. Quantitativement, la stratégie nationale de l’emploi entend faire baisser le taux de chômage à seulement 3,9% à l’horizon 2025.

La mise en place de la commission ministérielle de l’emploi agira, elle, plutôt sur le plan qualitatif. Le gouvernement aurait dû d’ailleurs commencer par là ! Il est vrai que le Maroc a un niveau de chômage assez moyen par rapport à d’autres pays (celui-ci est à moins de 10% depuis une dizaine d’années), mais ces chiffres ne sont pas toujours un gage de qualité. En effet, l’emploi existant sous nos cieux est très largement un emploi précaire, ne répondant donc que très imparfaitement aux conditions de l’emploi décent développées et promues par l’Organisation internationale du travail (OIT) depuis une quinzaine d’années maintenant.

 

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