Un café avec… Abdellah Bouanou, Président du groupe parlementaire du PJD

Un café avec… Abdellah Bouanou, Président du groupe parlementaire du PJD

La semaine dernière, vous vous êtes permis un moment de détente artistique dans un conteneur (Cont’n’art) en compagnie de Latifa Ahrrare… Malgré le fait que cette comédienne incarne la subversion même pour certains membres du PJD…
Je n’ai jamais été contre Latifa Ahrrare. Le chef de gouvernement l’avait même appelé, ainsi qu’un autre ministre, en signe de solidarité contre les menaces qu’elle avait subie. Pour ma part, je l’avais même invitée à participer à une journée d’étude sur la loi relative au statut d’artiste. Elle avait répondu présente et précieusement contribué au débat. Donc au contraire, c’est avec spontanéité et grand plaisir que j’ai répondu favorablement à son invitation et pris part aux activités de cette manifestation culturelle. Cet événement culturel organisé dans un conteneur, en pleine rue, est porteur de nombreux messages destinés aussi bien aux responsables politiques, qu’aux jeunes selon lesquels, l’art n’a pas de lieu où s’exprimer.

Etes-vous amateur d’art propre ?
Les médias ne cessent de nous coller ce concept  « d’art propre », « d’art Islamique ». Mais pour moi, il n’existe pas un art propre et un art sale. L’art est par essence noble, engagé et véhicule de messages.

Vous qui êtes né pas loin de Tinghir, quel est votre avis sur le documentaire « de Tinghir à Jérusalem »  qui traite de l’exode des juifs marocains en Israël?

Pour être précis sur mes origines, je suis originaire de Zagoura, un village pas loin de Tinghir. Mais c’est à Kser Lakbir que j’ai vu le jour. Pour ce qui en est du film  « de Tinghir à Jérusalem », j’avoue que je ne l’ai pas vu. Mais, à l’instar de la majorité des Marocains, je campe une position ferme contre la normalisation avec l’Etat d’Israël, un pays qui ne cesse de violer les droits du peuple palestinien.

Et les juifs marocains, vous les mettez dans le même panier ?
 
Non, je n’ai aucun problème avec les marocains de confession juive. Ma relation avec eux au cours de l’exercice de mes fonctions à Meknes en est l’exemple. Je les rencontrais régulièrement et à diverses occasions. Je le souligne encore, notre parti n’a aucun problème avec les marocains de confession juive, nous sommes même prêts à en accueillir parmi nous.
 
Vous êtes né un 14 février, jour de la saint-valentin. Ca vous fait quoi ?

Je suis fier d’être né un 14 février, une date symbolique de l’amour et une occasion de plus pour sensibiliser les gens aux relations humaines et  aux valeurs de solidarité. Je regrette toutefois qu’aujourd’hui l’amour soit impacté par des données numériques et électroniques. Il a perdu son ancrage et sa profondeur, il devient de plus en plus superficiel, virtuel. Dans ce sens, je suis d’accord avec Mustapha Baba, quand il dit que « Nous sommes aujourd’hui loin des fabuleuses histoires d’amour d’Antra et Abla, de Qays wa Laila, de Roméo et Juliette, de Jamil Bouthaina … »

Vous avez huit frères et sœurs…Vous vous souvenez de tous leurs noms ?

Je suis né au juste milieu, entre quatre aînés et quatre cadets. Mohamed, Abdeslam, Abderrahman, Driss, Said, Hanan, Zohra… Vous voyez je me souviens d’eux tous (rires). Chacun a eu une influence particulière à chaque période de ma vie. Enfant, on est influencé par celui avec lequel on joue le plus. A la maturité, j’ai été  marqué par le parcours de mon ainé. Actuellement, je suis très touché par ma petite sœur,  elle rempli un rôle très important à la maison. Toujours célibataire, elle a entièrement voué sa vie à l’entretien au quotidien de notre père qui prend de l’âge.
 
Que pensez-vous de la pétition qui appelle à l’annulation des pensions de retraite des parlementaires ?
 
Avant la pétition, il faut bien comprendre le propos. Les députés perçoivent 36.000 DH mensuellement, une partie de cette indemnité va aux impôts, une autre est cotisée pour les pensions de retraites. Le député participe donc à cette caisse  de retraite avec le parlement. Ce régime a été adopté en 2006 pour éviter à certains parlementaires de vivre après leur mission dans la précarité.  Mais je pense que les députés qui sont aisés doivent se passer de cette retraite.

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