15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son voisin

15 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son voisin

«Je ne me souviens de rien». C’est l’unique phrase que répète ce jeune de vingt-six ans devant les trois magistrats de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Portant un T-shirt blanc, un pantalon bleu jean’s, une sandale en plastique, il se tient dans le box des accusé, répétant la même réplique. Le président de la Cour lui précise qu’il est de son intérêt de dire la vérité. Mais en vain. Ne se souvient-il vraiment pas de ce qu’il avait fait? Peut-être, puisqu’il était sous l’effet d’hallucinogènes. D’abord, les cicatrices indélébiles qui lézardent ses avant-bras confirment qu’il consommait les comprimés psychotropes au point qu’il ne sentait pratiquement pas de douleurs quand il s’est mis à les balafrer à l’aide d’un rasoir. Des témoins qui se succèdent à la barre attestent qu’il a tué leur voisin, un quadragénaire, père de famille, en lui assénant un coup de couteau en pleine poitrine.
«Je ne me souviens de rien, M. le président», continue-t-il à répondre.
Les témoins affirment qu’à chaque fois qu’il s’est drogué ou s’est enivré, il commençait à faire du vacarme causant ainsi des désagréments à tout l’entourage. Même ses parents n’arrivaient pas à le calmer, ont ajouté les témoins devant la Cour. Ils ont précisé qu’ils n’osaient pas alerter la police car ses parents jouissaient d’une bonne réputation. Mais, personne n’a imaginé qu’il irait jusqu’à tuer leur voisin. Dans le procès-verbal de son audition par la police judiciaire on peut lire : «J’ai pris dix comprimés psychotropes que j’ai achetés à Derb Soltan. Je ne me souviens pas du trafiquant de drogue qui me les a vendus. Je suis retourné chez moi pour casser la croûte. Puis je les ai avalés tout en sirotant de la limonade». On lit encore dans le procès-verbal de son audition: «Quand Larbi, mon voisin, m’a demandé de rentrer chez moi, je l’ai insulté. Il m’a tenu par la main pour me conduire chez moi. J’ai pris mon couteau et je lui ai asséné deux coups au niveau de la poitrine». C’est pourquoi le président de la Cour lui a demandé l’identité de celui qui a raconté cette histoire à la police si ce n’est pas lui. Le jeune mis en cause a répondu qu’il n’a rien raconté aux enquêteurs et que s’il leur avait répondu, il ne se souvenait de rien.
Verdict : Jugé coupable pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner, il a été condamné à 15 ans de réclusion criminelle.

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