À ses dix-neuf ans, il est meurtrier

À ses dix-neuf ans, il est meurtrier

Nous sommes au douar Aït Sidi Belkacem, dans la commune rurale Lahmame, située à trente kilomètres au nord de la province de Khénifra. Abdellah n’a pas cru ses yeux quand il est rentré, ce mercredi 3 novembre, chez son ami Sidi Ahmed. Tous les deux ont fixé, la veille, mardi 2 novembre, un rendez-vous pour se rencontrer non loin d’un commerce du douar. Seulement, Sidi Ahmed n’a pas rejoint son ami Abdellah qui est arrivé à temps. De coutume, Sidi Ahmed était un homme ponctuel. Pourquoi n’est-il pas arrivé, cette fois-ci, à temps au rendez-vous ? Abdellah lui a téléphoné. En vain. Le téléphone a sonné sans réponse. Pourquoi ? Sidi Ahmed a oublié le rendez-vous ? En fait, ce mari, sans enfants, n’oubliait jamais ses rendez-vous. Enfin, Abdellah s’est rendu chez lui. Quand il est arrivé au seuil du domicile, il a frappé à la porte. Personne n’a répondu. Ni son ami, Sidi Ahmed, ni sa femme. Certainement, il avait remarqué que la porte était entrouverte, mais il s’est abstenu de la pousser en attendant que son ami ou sa femme vienne l’inviter à rentrer. Mais toujours en vain. Où sont son ami et son épouse ? S’ils étaient absents , pourquoi la porte de leur domicile était-elle entrebâillée ? Enfin, il a décidé de pousser la porte et d’y rentrer. Et c’est le choc ! Sidi Ahmed semblait être corps sans âme. Au contraire, sa femme bougeait tout en gémissant. Et le sang entachait les quatre coins du domicile. Restant cloué à sa place, Abdellah ne savait pas à quel saint se vouer. Il s’est approché du corps de son ami. Il l’a touché. Il s’est assuré qu’il n’est qu’un corps sans vie. Et il a tourné ses regards vers la femme de son ami. Elle était encore en vie. Que devait-il faire ? Rapidement, il est sorti pour informer les voisins. Aussitôt, les éléments de la Gendarmerie royale de la ville de Khénifra se sont dépêchés sur les lieux. Ils ont remarqué que l’épouse de Sidi Ahmed était encore en vie bien qu’elle fut gravement blessée. Le chef de la brigade a alerté les éléments de la protection civile qui sont arrivés rapidement pour la conduire à l’hôpital provincial de Khénifra. Alors qu’il a téléphoné au responsable de la morgue et lui a demandé d’envoyer le fourgon mortuaire afin de transporter le cadavre vers la morgue pour être autopsié. Qui a tué Abdellah et a blessé sa femme ? C’est à cette question primordiale que les enquêteurs de la Gendarmerie royale cherchaient une réponse. Une enquête minutieuse a été diligentée en interrogeant, de prime abord, les voisins des deux victimes. Une femme qui répondait aux questions des enquêteurs les a avisés que son fils l’attendait en dehors du poste de la gendarmerie. «Demandez-lui de rentrer», a dit le chef de la brigade. La femme est sortie du bureau des enquêteurs. Elle a demandé à son fils de répondre au chef de la brigade. Pourquoi ? Elle n’avait pas de réponse. Il a suivi ses pas. Il est rentré au bureau des enquêteurs. Le chef de la brigade a commencé à l’interroger. Les réponses de ce jeune de dix-neuf ans semblaient être incohérentes. Ce qui a mis la puce à l’oreille des enquêteurs. Et au fil de l’interrogatoire, il s’est mis à table. Il a avoué être le meurtrier. Comment ? Le couple était chez lui quand il les a surpris avec un couteau à la main. Il les a menacés de meurtre si l’un d’eux demandait secours. Effectivement, quand Sidi Ahmed a tenté de résister, le jeune homme lui a asséné plusieurs coups de couteau. Et quand la femme a tenté de demander secours, il lui a donné également des coups à l’arme blanche. Après, il a mis la main sur une somme de trois mille dirhams et des boucles d’oreille en or. Lundi 8 novembre, le jeune de dix-neuf ans, sans profession, a été conduit vers le domicile des deux victimes pour reconstituer son crime avant d’être traduit en prison.

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