Affaire de produits alimentaires périmés : Dix ans de réclusion criminelle contre huit suspects dont cinq fonctionnaires

Affaire de produits alimentaires périmés : Dix ans de réclusion criminelle contre huit suspects dont cinq fonctionnaires

La chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca a baissé le rideau, l’après-midi du mercredi 17 août, au moins en première instance, sur l’affaire des boîtes de sardines de conserves, du café et de biscuits périmés. À ce propos, elle a condamné cinq membres d’une commission provinciale à la préfecture d’Aïn Chok chargée de la destruction des produits alimentaires périmés qui ont été soudoyés pour dresser un faux procès-verbal, à dix ans de réclusion criminelle. Il s’agit du président de la commission, un ingénieur d’Etat, du chef adjoint de la division des affaires intérieures à la préfecture d’Aïn Chok, un khalifa du caïd, du représentant du ministère de la santé, du représentant de la protection civile et du commissaire judiciaire. Par le même jugement, la Cour a condamné le patron d’une société chargée de la destruction des produits périmés, un Portugais résidant au Maroc, son directeur et un commerçant. Quant au neuvième mis en cause, le chauffeur du camion, il a écopé de cinq ans de prison ferme. C’était au mois de février dernier que les éléments de la Gendarmerie royale d’Aïn Harrouda ont arrêté un camion transportant de la marchandise. Sollicité de leur remettre les factures prouvant que cette marchandise a été achetée légalement d’un fournisseur, le chauffeur du camion est resté bouche bée. Il n’en disposait pas. Soumis aux interrogatoires, il a révélé qu’il l’a chargée en faveur d’un commerçant. En examinant la marchandise, les gendarmes ont remarqué qu’il s’agissait de boîtes de sardines conserves portant des dates de péremption dépassées. Et c’était le début d’une enquête minutieuse. Les limiers ont été conduits par le chauffeur du camion jusqu’au commerçant qui semblait avoir l’intention d’acheter la marchandise. Celui-ci leur a indiqué son fournisseur, le patron d’une société chargée de la destruction des marchandises périmées, disposant d’un entrepôt dans la région de la commune rurale Ech-Chellalat. La perquisition effectuée sur cet entrepôt a permis aux enquêteurs de saisir une trentaine de tonnes de boîtes de sardines de conserves, de biscuits et de café périmés. Soumis aux interrogatoires, le patron de la société a avoué avoir chargé le directeur de louer un entrepôt au quartier Aïn Chok pour y garder la marchandise. Entre- temps, le directeur l’a informé qu’un fonctionnaire de la préfecture d’Aïn Chok lui avait proposé une solution convenable : lui remettre un faux procès-verbal, signé par les membres de la commission provinciale, attestant que la marchandise avait été détruite. Lors de l’audience du mercredi dernier, le président de la commission a avoué avoir été soudoyé pour signer le procès-verbal certifiant la destruction de la marchandise périmée et ce contre cinquante mille dirhams. Il a précisé, lors de l’audience, qu’il avait empoché dix-neuf mille dirhams après avoir remis vingt-cinq mille dirhams au khalifa du caïd, quatre mille dirhams au représentant du ministère de la santé et deux mille dirhams au représentant de la protection civile. Il a ajouté devant la Cour qu’il n’avait rien remis au commissaire judiciaire. Les quatre autres fonctionnaires ont avoué avoir signé le procès-verbal, mais sans examiner la marchandise, ni empocher le moindre sou. Ils ont expliqué à la Cour qu’ils étaient victimes de la confiance qu’ils avaient en chef de la commission.

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