Affaire Laëtitia Perrais : Un tronc humain découvert près de Pornic

Affaire Laëtitia Perrais : Un tronc humain découvert près de Pornic

Un buste féminin, probablement celui de Laëtitia Perrais, a été découvert samedi après-midi par un promeneur à la surface d’un étang de Port-Saint-Père (Loire-Atlantique), à 30 km de Pornic, où avait disparu en janvier l’adolescente de 19 ans. Le tronc humain découvert dans un étang est bien celui de Laëtitia. «Au vu des constatations du médecin légiste, il est hautement probable que ce corps soit celui de Laëtitia Perrais», a déclaré à Reuters Xavier Ronsin, procureur de la République de Nantes. Une autopsie doit avoir lieu dimanche matin pour identifier formellement le tronc humain, qui avait été préalablement "lesté" pour rester au fond de l’étang, selon les observations des enquêteurs. Le plan d’eau où il a été retrouvé se trouve à une heure de route de l’étang du «Trou Bleu», à Lavau-sur-Loire, où avaient été retrouvés le 1er février la tête, les jambes et les bras de Laëtitia. Il n’avait pas encore été inspecté mais devait prochainement l’être dans le cadre de recherches systématiques relancées mercredi dernier. «C’est une découverte fondamentale», a souligné le procureur. «Nous allons pouvoir restaurer et restituer le corps de Laëtitia Perrais dans des conditions maximales de dignité, comme je m’y étais engagé il y a deux mois.» «C’est le fruit de recherches acharnées depuis fin janvier», a ajouté Xavier Ronsin. «Pour les enquêteurs, c’est une très grande satisfaction d’avoir pu se passer des déclarations de celui qui est suspecté de son meurtre.»
Tony Meilhon, meurtrier présumé de l’adolescente, a été interné récemment dans une unité pour malades difficiles, après avoir fait une deuxième tentative de suicide dans sa cellule de la prison de Rennes/Vézin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine). Refusant de coopérer avec les enquêteurs, il a seulement reconnu avoir eu «un accident mortel de la circulation» avec la jeune femme, sans préciser ce qu’il avait fait de son corps. Laetitia, 18 ans, a disparu le soir du 18 janvier près de Pornic (Loire-Atlantique). Plusieurs témoins l’ont ensuite vue en compagnie de Tony Meilhon pendant la soirée. Son scooter, accidenté, a été trouvé à l’aube du 19 janvier à quelques dizaines de mètres de sa maison.
Arrêté le 20 janvier, Tony Meilhon a affirmé avoir tué Laetitia dans un accident de la route puis s’est muré dans le silence, refusant d’indiquer où il avait caché son corps. Âgé de 31 ans, il avait à son passif treize condamnations dont une pour le viol d’un co-détenu en 1997, les autres pour vols et violences. Il était sorti de prison, après avoir purgé sa peine, en février 2010. Il devait normalement bénéficier d’un sursis, assorti d’une mise à l’épreuve qui n’avait pas été mise en place faute de moyen suffisants dans le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) nantais. La condamnation qui justifiait ce suivi – un outrage à magistrat – avait entraîné la mise de côté de son cas, avec 800 autres dossiers, au profit de ceux dont le suivi était motivé directement par des condamnations pour meurtres, viols ou violences. Nicolas Sarkozy a dénoncé le 3 février des «dysfonctionnements graves» des services de police et de justice dans le suivi de Tony Meilhon, et provoqué un mouvement de révolte des magistrats qui a essaimé dans tout le pays. L’avocat des parents biologiques de Laetitia, Me Olivier Metzner, a également dénoncé mardi des «dysfonctionnements» dans le suivi de Meilhon. Il a notamment fustigé une erreur de rédaction d’un PV de synthèse de gendarmerie du 19 janvier, écrit au moment où le filet se resserrait autour de Tony Meilhon dans l’affaire Laetitia. Dans ce PV il était indiqué que M. Meilhon faisait l’objet d’un «mandat d’arrêt» depuis le 13 décembre alors qu’il s’agissait en fait d’un «mandat de recherche», lequel mandat était ensuite agrafé au document.

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