Agressé par son employé

Agressé par son employé

Septembre 2005, à Casablanca. Les aiguilles de la montre indiquaient 20 h 30 passées. Une ambulance, toute sirène dehors, grillait les feux rouges au quartier Californie à Casablanca. Elle transportait un jeune homme, la trentaine, grièvement blessé.
Le chauffeur de l’ambulance s’arrêta devant la clinique la plus proche pour sauver le patient, dont la cuisse droite était gravement touchée. Son état est jugé critique par les médecins qui ont décidé de l’opérer d’urgence. Sans perdre de temps, il a été conduit au bloc opératoire. Et les médecins ont entamé l’intervention chirurgicale. À ce moment, le jeune homme qui était en sa compagnie, M. Z, et qui semblait perturbé, s’est adressé à l’employée chargée des procédures administratives. Elle lui a demandé ce qui était arrivé au patient. «Il a été blessé par des malfrats qui nous ont attaqués et qui m’ont subtilisé une somme d’argent», marmonne-t-il, l’air choqué. «Et tu n’as pas encore alerté la police !», lui a-t-elle demandé sur un ton exclamatif. Sa réponse était négative. Rapidement, l’employée a décroché le téléphone et a composé le numéro 19. Quelques minutes plus tard, une estafette de police s’est arrêtée devant la porte de la clinique.
Ce sont les éléments de la police judiciaire de Hay Hassani-Aïn Chock. À la réception de la clinique, ils ont appris que le blessé est encore au bloc opératoire. « Et où est l’homme qui l’a accompagné ? », a questionné le chef de la brigade à l’employée de la réception. L’homme qui semble encore sous le choc n’a pas pu se lever du fauteuil. Les policiers se sont approchés de lui pour l’interroger.
« Je viens de descendre de ma voiture et m’apprêtais à rentrer chez moi quand quatre jeunes hommes m’ont attaqué… », relate-t-il.
M. Z se chargeait souvent d’amasser les sommes récoltées par les locaux commerciaux de son père.  Ce soir-là, il portait une mallette renfermant 140 mille dirhams. Il semble que les quatre malfrats le guettaient depuis quelques moments. Avec abnégation, le gardien de sa villa s’est jeté sur l’agresseur qui tentait d’arracher la mallette de la main de l’homme. Seulement, un deuxième agresseur n’a pas hésité de lui asséner un coup de sabre au niveau de la cuisse droite. Le gardien qui a fini par relâcher l’agresseur est tombé par terre en poussant un cri de douleur. Les agresseurs sont arrivés enfin à arracher la mallette et prendre la poudre d’escampette. Qui sont-ils? M.Z et le gardien de la villa ont-ils distingué les signalements de leurs visages ? M. Z ne se souvenait de rien. Le gardien de la villa non plus. Et les enquêteurs n’avaient pas le moindre élément leur permettant de suivre une piste.
Six mois après l’agression, M.Z a rendu visite au chef du district de Hay Hassani-Aïn Chock. Il était accompagné de son employé, Mohamed. «C’est lui qui a préparé l’opération de l’agression. Il me l’a avoué», déclare M. Z au chef du district qui a aussitôt interrogé Mohamed. «Oui, c’est moi qui ai planifié toute l’opération…Ce sont mes deux frères ainsi que Jalal et Abdenbi qui l’ont exécutée…», a-t-il avoué. Mohamed qui travaillait depuis belle lurette chez la famille Z disposant de plusieurs locaux commerciaux n’a pas hésité de trahir son employeur. Il savait toutes ses activités et ses déplacements. Pire encore, Mohamed a expliqué à la police avoir participé à d’autres opérations d’agression à main armée. Arrêtés, Jalal et Abdenbi, réparateurs de bicyclettes et vélomoteurs, ont avoué avoir attaqué, avec la participation de Mohamed et ses deux frères plusieurs victimes. L’un des deux mis en cause a avoué avoir épargné jusqu’à aujourd’hui une somme de 300 mille dirhams, fruits des agressions à main armée. Mohamed, Jalal et Abdenbi qui rêvaient de faire bientôt leurs adieux à la pauvreté ont été traduits devant la Cour d’appel de Casablanca et les deux frères du premier suspect demeurent toujours en état de fuite.

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