Agression homophobe en France : Seize à vingt ans de prison pour les tortionnaires

Les jurés ont suivi vendredi les réquisitions de l’avocat général contre les quatre tortionnaires de Bruno Wiel, qui avait stigmatisé un «cas d’école de la barbarie» et de la violence homophobe. Les quatre accusés d’agression homophobe ont été condamnés par la cour d’assises du Val-de-Marne à des peines de 16 à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir lynché et torturé ce jeune homme parce qu’il était homosexuel. Accosté à Paris et conduit dans un parc de Vitry-sur-Seine dans la nuit du 19 au 20 juillet 2006, Bruno Wiel, alors âgé de 28 ans, avait été passé à tabac, brûlé, sodomisé à l’aide d’un bâton et laissé pour mort dans un sous-bois. Plongé dans le coma quinze jours, hospitalisé sept mois, la victime, aujourd’hui âgée de 33 ans, avait dû réapprendre à parler et a perdu tout souvenir de son agression. Jeudi, l’avocat général Benoist Hurel avait requis des peines allant de 15 à 20 ans de prison contre les quatre accusés, âgés de 25 à 30 ans. Tout au long des neuf journées d’audience, les accusés avaient le plus souvent louvoyé et minimisé leur rôle alors qu’ils s’étaient engagés au début des débats «à dire toute la vérité». «C’est un soulagement, c’est fini (…) J’attendais que ce soit bien jugé comme un acte homophobe et ça a été reconnu pour tous», a déclaré Bruno Wiel à la sortie de l’audience, tout en regrettant «de ne toujours pas savoir comment son agression s’est déroulée». Condamné à 16 ans de réclusion, Yohan Wijesinghe avait reconnu du bout des lèvres qu’il avait lancé «on n’est pas des pédés» au moment d’asséner la première claque à la victime. Ecopant d’une peine de 20 ans, Antoine Soleiman avait été plus explicite. «Il y a eu plusieurs facteurs déclenchants et on ne peut pas nier le fait que l’homosexualité en a été un», avait-il admis.«Ce sont des jeunes gens qui ont été condamnés des peines extrêmement lourdes (…) ils n’étaient pas en mesure de comprendre la gravité de ce qu’ils avaient fait il y a quatre ans et demi», a commenté l’avocate de M. Soleiman, Me Françoise Cotta. «Ils ont affirmé aujourd’hui à l’audience qu’ils avaient été capables de comprendre ce que c’est le respect de l’autre et de la différence», a-t-elle ajouté.

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