Allemagne : la piste suisse du «Döner Killer»

Depuis 2000, il a tué neuf fois. Après des mois d’enquête, la police allemande suit enfin une piste, qui mène vers la Suisse. Pour la police allemande, cette série de meurtres est un mystère. Neuf cadavres. Aucun mobile connu. Et une traînée de sang qui mène les enquêteurs dans six villes à travers tout le pays. Le meurtrier tue le jour. Toujours avec la même arme. Un pistolet muni d’un silencieux; un Ceska 83 calibre 7,65 mm. Les victimes, à l’exception d’une, sont toutes de petits commerçants turcs. Depuis le début de la tuerie en 2000, pas le moindre indice exploitable. Mais la police criminelle allemande suit enfin une piste intéressante, révèle l’émission «10 vor 10». Elle mène en Suisse. L’arme du crime viendrait du canton de Soleure. Le meurtrier n’a plus frappé depuis 2006. Se retient-il depuis quatre ans ou a-t-il terminé sa mission? Tout ce que l’on sait de lui, c’est qu’il est minutieux. Personne ne l’a jamais vu. Il ne laisse aucune trace; à part quelques douilles et les balles dont il crible ses victimes. C’est d’ailleurs ces dernières qui ont permis de faire le lien entre les scènes de crime et la Suisse. Et pour cause. Le silencieux de l’arme laisse des rayures uniques et à chaque fois semblables sur la surface des balles. Des traces très différentes de celles provoquées par les silencieux de Ceska 83 issus d’autres séries. «Cette arme provient d’une commande spéciale de 24 coffrets identiques comprenant le pistolet et son silencieux», explique Sandra Clemens, de la police criminelle allemande. «Les recherches effectuées auprès du fabricant tchèque ont permis de déterminer que la livraison, faite en 1993, était destinée à un armurier basé à Derendigen (Suisse)». En 1993, les vingt-quatre Ceska sont donc livrés à Soleure. Celui qui les reçoit est un marchand d’armes, Luxik Armes et Munitions. Selon le registre du commerce, la société a cessé ses activités en 2005. Ce qui n’a pas empêché l’ancien commerçant de coopérer. Grâce à ses registres, seize armes sur les vingt-quatre ont été retrouvées. La comparaison des traces laissées sur la munition par ces armes a confirmé que celle du meurtrier provenait de cette même série. Restent huit pièces – parmi lesquelles se trouve celle du meurtrier – dont toute trace a été perdue.

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