Après Jeblia, Zaâria sous les verrous

Après Jeblia, Zaâria sous les verrous

Surnommée Zaâria, Fatima a choisi la même voie que la fameuse trafiquante de drogue Jeblia, mais pas les mêmes moyens de défense. Si cette dernière a fourni à la justice les noms de plusieurs policiers et gendarmes qui l’auraient protégée tout au long de ses pérégrinations dans le monde de la drogue, Zaâria n’en a avoué aucun.
Née en 1976 dans la région de Had Brachwa, près de Skhirat, Zaâria n’est jamais allée à l’école. Tout ce qu’elle a appris, elle ne le doit qu’à elle-même et au milieu interlope où elle a vécu dès sa plus tendre enfance. Un milieu où misère et violence se côtoient et où la quête de survie conduit inéluctablement à envier la bonne fortune de gens dont le cours de la vie paraît plus digne parce que plus conforme aux valeurs de la culture de marché et aux standards de la société de consommation. Que faire pour devenir comme eux ? La réponse s’est vite imposée à Zaâria : se vendre ou vendre de la «came». N’ayant pas suffisamment de charmes à faire prévaloir, elle a donc choisi la seconde voie. L’argent facile n’a pas tardé à lui tourner la tête. Jadis privée de tout, elle a commencé à découvrir les joies de pouvoir se vêtir comme elle le voulait et chaque fois qu’elle en avait envie, de manger les bons petits plats dont elle rêvait, de dépenser sans compter, etc. Tous ces petits riens qui sont le sel de la vie, elle avait désormais les moyens de se les offrir. Elle s’est même offert le luxe de tomber amoureuse et d’épouser l’élu de son cœur : Ahmed, un repris de justice qui l’a, par la suite, aidée à développer son trafic. Avec lui, elle a eu un enfant.
Une première condamnation de Zaâria à la prison l’empêchera de le voir tout au long de l’année 2001. Sitôt libérée, elle est tombée enceinte une deuxième puis une troisième fois. Avec trois enfants à charge et un mari aussi «pro» qu’elle, Fatima ne pouvait que penser à développer son négoce illicite. Elle étendra sa zone d’action à Bouznika, Skhirat, Témara et leurs environs et comptera, entre autres clients, plusieurs dealers de ces localités. Elle a commencé ainsi à écouler entre trois et quatre kilos de haschich par jour. L’achat d’une maison à Aïn Ouled Roz (Skhirat) en 2004 ne lui a pas porté chance puisqu’elle est tombée dans les filets de la police et purgé une deuxième peine d’emprisonnement d’un an ferme.
Désormais, les choses ne seront plus comme elle l’étaient auparavant. De multiples dénonciations pousseront quelques éléments de la police de Bouznika à s’intéresser davantage à elle.
Une tâche d’autant plus ardue que le domicile de Zaâria est situé dans un douar qui relève de la compétence de la gendarmerie royale. Après avoir effectué les démarches et procédures nécessaires, ces limiers se sont rendus vendredi 16 février audit douar. Au cours de leur «descente», ils ont mis la main sur le bras droit de Zaâria, à savoir Mourad. Lequel servait d’intermédiaire entre elle et les autres dealers moyennant un « salaire » de deux cents dirhams par jour.
Revenant une seconde fois à la charge, les enquêteurs ont surpris Zaâria chez elle. Ils l’ont arrêtée et saisi chez elle 3,300 kilos de haschich sous forme de plaquettes, 9,400 kilos de kif en tiges, 900 grammes de tabac, un cyclomoteur, deux téléphones cellulaires, cinq coutelas et plus de huit mille dirhams en petites coupures.
L’enquête policière a révélé qu’elle ne se déplaçait jamais hors de sa région et que c’est son mari, Ahmed, qui se chargeait de l’approvisionnement. Il a pris la poudre d’escampette avant que les policiers ne lui mettent le grappin dessus. Zaâria et son complice ont, pour leur part, été conduits au commissariat de police de Bouznika pour être déférés devant la justice le lundi 26 février.

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