Arnaque à l’africaine sur Internet

Arnaque à l’africaine sur Internet

Qui ne souhaite pas améliorer sa vie et gagner plus d’argent ? Personne. Sauf que cela ne justifie pas la malhonnêteté. Après avoir décroché sa licence en sciences économiques et avoir chômé durant quelques mois, Omar a décidé de ne plus rester les bras croisés. Ce jeune de trente-quatre ans avait, comme tant d’autres, plus d’un rêve en tête. Mais à la différence de beaucoup, il avait conscience que ses rêves ne pourraient pas se réaliser dans les rangs des chômeurs diplômés en sit-in devant le Parlement. Lui, au contraire, était absolument prêt à faire l’effort nécessaire.
C’est pourquoi, après avoir pris son parti de la spécificité de sa situation, il a décidé de se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat. Il loue un local situé dans l’un des quartiers chauds de Salé, Hay Oued Eddahab, et l’aménage en cyberespace.
Au fil du temps, il est contaminé, à l’instar de la majorité de ses clients, par la fièvre du « chat ». Il profite des moments de moindre fréquentation de son cyber pour s’installer devant un PC et tchater. C’est ainsi qu’il y a un peu plus d’un an, il découvre un site d’amitié.
D’un ami à l’autre, Omar commence à échanger des courriels avec un mystérieux Agnimel. Ce dernier ne souhaite divulguer ni son nom, ni son âge, ni son sexe, ni son origine, ni même ses préférences sexuelles. Il révèle seulement à Omar qu’il est membre d’une organisation internationale pour les jeunes, installée à New York».
Omar est intrigué par tout ce mystère. Il décide donc d’aller jusqu’au bout de cette rencontre virtuelle. Dans un autre message, Agnimel explique à Omar que son organisation organise des séjours pour jeunes talents à travers le monde. «C’est l’occasion ou jamais», pense Omar qui explique à Agnimel qu’il aime les arts plastiques, qu’il est l’auteur de plusieurs tableaux mais que personne ne  l’encourage au Maroc.
Agnimel lui offre alors son soutien en lui proposant d’exposer en Espagne. Omar croit que sa chance est enfin arrivée ! Agnimel lui donne alors ses instructions : Omar doit rencontrer un certain Ferdinand au bar Métropole à Casablanca et lui verser la somme de 5.100 dirhams. En échange de quoi? Omar n’en sait rien.
Il ne pense plus qu’au jour béni où il exposera ses œuvres en Espagne avec le parrainage d’une organisation internationale établie aux Etats-Unis !
Au bar, Omar boit quelques bières en compagnie de Ferdinand qui repart trois quart d’heure plus tard avec les 5.100 dirhams en poche. Quelques jours plus tard, Agnimel adresse un nouveau courriel à Omar l’informant que l’organisation a bien reçu la somme de 5.100 dirhams payé en dollars, qu’elle lui a réservé une chambre dans un hôtel et qu’elle a commencé les démarches pour son exposition d’art plastique. Avec cette instruction supplémentaire : «Il faut remettre à Ferdinand une garantie sur tes œuvres d’art de 20.000 dirhams». Omar emprunte donc de l’argent à droite et à gauche pour les verser à Ferdinand qu’il rencontre à nouveau dans un bar.
Et voilà qu’Agnimel lui a encore adressé un message pour lui demander une nouvelle somme de 20 mille dirhams. Mais là, Omar refuse de payer.
C’est seulement un an plus tard qu’Omar se décide porter plainte contre Agnimel et Ferdinand. Mais il ne dispose d’aucun signalement ni quoi que se soit qui puisse aider les policiers à les arrêter.
Omar envoie donc à Agnimel un message pour lui expliquer qu’il vient d’amasser les 20 mille dirhams et qu’il dispose d’autres «clients» désireux de recourir aux services de son organisation. Un rendez-vous est fixé près de la gare routière Ouled Ziane, préfecture de Derb Soltan-El Fida, à Casablanca. Là, Omar découvre un autre intermédiaire, un certain Barry, originaire de Sierra Leone. Arrêté, ce dernier choisit de tout nier, ce qui ne l’empêchera pas de se retrouver devant un tribunal.
Quant à Omar, il a compris que les faiseurs de rêves sont le plus souvent des profiteurs sans foi ni loi. La leçon lui a coûté cher…

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