Arrêtée pour avoir torturé sa domestique

Bouchra errait, ce matin du vendredi 19 octobre, dans les ruelles de Mohammédia. Les passants, qui l’avaient croisée, n’ont pas remarqué ses larmes qui coulaient sur ses joues. A son âge, elle devrait être en chemin vers l’école. Malheureusement pour Bouchra, ce n’était pas le cas. Elle n’allait nulle part, elle n’avait même pas de toit pour se protéger. Arrivée au quartier Al Hassania I, la petite fille de 10 ans est interpellée par une femme qui lui demande pourquoi elle pleurait. Elle s’est approchée d’elle et a remarqué des traces de violence sur son visage, son cou et ses mains. Les yeux hagards, Bouchra a gardé le silence. Ses regards innocents révélaient un drame caché. La femme a insisté pour que Bouchra lui raconte tout et c’est là où la petite s’est effondrée. Elle a perdu connaissance pendant quelques minutes avant de revenir à elle.
La femme l’a alors conduite au district régional de la police de Mohammédia. Rassurée par les agents qui lui ont promis de l’aider, Bouchra est arrivée, enfin, à délier sa langue. Son histoire est une tragédie : l’indigence de sa famille a poussé son père à la confier, en juin 2006, à une famille (un couple et leur unique enfant) demeurant à Mohammedia pour qu’elle soit employée comme «bonne». Depuis, Bouchra travaillait jour et nuit. Elle devait se réveiller très tôt pour ne dormir que très tard le soir après avoir accompli toutes les tâches ménagères. Elle ne devait jamais se reposer ou faillir à «sa mission», sinon elle était frappée par tous les instruments qui se trouvent sur le chemin de son bourreau, la propriétaire des lieux. Elle la rouait de coups avec des tuyaux en plastique, de bâton, ou encore prenait un malin plaisir à la torturer en brûlant différentes parties de son corps avec une barre en fer ou un couteau qu’elle a pris le soin de bien chauffer sur le feu. Il lui arrivait aussi de la mordre et de lui interdire de manger pendant plusieurs jours. Et pour empêcher la petite de crier, elle lui fourrait un chiffon mouillé dans la bouche. Cette femme était devenue un monstre, le monstre de Bouchra. La petite était un squelette vivant couvert de cicatrices. La police de Mohammédia a dirigé la fillette vers l’hôpital Moulay Abdellah pour subir les soins nécessaires. Les agents se sont, ensuite, rendus au domicile de cette employeuse. Elle ne vivait plus là, elle a déménagé à Casablanca avec sa famille. Elle a été arrêtée, puis traduite devant la justice. Le père de Bouchra, qui n’avait pas rendu visite à sa fille depuis qu’il l’a confiée à son bourreau, a été convoqué par la police. Seulement, ce père a refusé. Une réaction qui a provoqué la surprise des associations de défense des droits de l’enfant venues soutenir sa fille.

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