Cadrage : Alarmant

Pourquoi, diantre, faut-il attendre que le chef de l’Etat en personne se déplace en personne pour s’apercevoir de la situation indigne  dans laquelle vivait l’orphelinat-martyre d’Aïn Chock ? N’y avait-il pas de garde-fous, de sonnette d’alarme, pour attirer l’attention sur le drame que vivent –et, surtout, subissent – les petits pensionnaires ? Comment un drame de cette ampleur a-t-il pu échapper à la vigilance des autorités compétentes ? Quels sont donc ces cœurs qui peuvent résister à la vue du calvaire enduré par ces pauvres mômes ? Mais, l’heure n’est ni aux récriminations, ni aux larmoiements tardifs. Ce qu’il s’agit d’envisager sérieusement, c’est une  nouvelle manière d’appréhender les choses.
Encore que cela relève de la tautologie, puisque le Souverain a donné le ton et indiqué la voie à suivre, après avoir constaté de visu la saleté, l’indigence, bref l’indicible horreur dans laquelle vivaient –et vivent toujours – les enfants démunis du peuple.  Enquête, attribution des responsabilités et éventuelles sanctions. C’est désormais à la Justice de dire son mot. Et là, il ne s’agit pas de gamberger et de mettre le turbo. Car, l’heure est grave et ce n’est pas une exagération que de dire que de nombreuses vies sont menacées. Ajoutées à une situation déjà plus que précaire sur un plan moral, la malnutrition et la crasse peuvent se révéler de dangereux ennemis, sournois et insidieux. Et tout ce que l’on pourra dire ou écrire à propos de ce véritable drame n’allègera en rien les souffrances de ces pauvres âmes sans défense, dont le seul tort est d’être orphelins. Et ce qui est le plus grave, c’est qu’il se trouve, sur cette terre bénie, des gens qui s’engraissent sans vergogne, sur le dos de ces jeunes, déjà pas favorisés par le sort. Des gens dénués de scrupules et de morale, et qui doivent avoir perdu toute humanité pour s’être laissés aller à de tels égarements coupables. L’appât du gain leur a fait perdre toute retenue et toute pudeur. En ces pauvres gamins, ils ne voyaient plus qu’un moyen de s’enrichir illicitement, sous couvert de passer pour des bienfaiteurs ! Il faut être rudement fort pour réussir un tel tour de passe-passe. Et c’est ce même appât du gain qui les a perdus. Après tant d’années d’impunité, ils avaient cru devenir inatteignables, voire au-dessus des lois. Une démarche et une posture qui, outre le mécontentement suscité, leur a également fait perdre toute prudence. Il faut également dire que le crime était tellement voyant qu’il en était devenu banal. Et c’est là tout le danger qui plane au-dessus de biens des injustices qui ne demandent qu’à éclater au grand jour. Bien des voix angoissées, souffrent de ne pas trouver d’exutoire, et continuent de sangloter intérieurement. Bien des sanglots sont étouffés. L’affaire de l’orphelinat d’Aîn Chock doit nous faire prendre conscience que nous devons nous libérer de nos œillères égocentriques et nous pencher un peu plus sur le sort de nos concitoyens les plus défavorisés.

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