Condamné à huit ans de réclusion criminelle pour avoir violé deux jeunes femmes

Nous sommes à El Jadida. La salle d’audience de la chambre criminelle près la Cour d’appel était archicomble. Au box des accusés, Mohamed ne manifestait aucun signe d’inquiétude. À vingt-six ans, il était déjà repris de justice. Et pourtant, il clamait, le jour de son procès, son innocence devant ses victimes, Malika et Laïla, qui l’accusaient de les avoir violées sous la menace d’une arme blanche.
«Je ne les ai pas obligées à coucher avec moi, M. le président. Toutes les deux sont entrées chez moi de leur plein gré. Malika ne m’a pas plu. Et c’est Laïla qui a couché avec moi contre cinquante dirhams », a-t-il déclaré devant la Cour. Malika, trente-deux ans, mariée, mère de quatre enfants et Laïla, vingt-sept ans, divorcée, mère d’un enfant, se tenaient près de Mohamed, les yeux hagards, échangeant des regards, ne sachant quoi dire. Malika, perturbée, a regardé derrière elle, cherchant sans aucun doute son mari, comme si elle voulait lui dire : « Attention ! Ce sont des mensonges !». Elle n’est pas arrivée à le voir. «M. le président, il ne raconte que des mensonges. Je ne suis pas une prostituée. Je suis mariée, j’ai quatre enfants», s’est-elle défendue. Tellement elle sanglotait qu’elle ne pouvait plus continuer ses déclarations. Ensuite, elle a repris ses déclarations en affirmant qu’elles étaient, elle et Laïla, dans le champ. Il était dix-huit heures quand elles avaient terminé leur boulot et ont emprunté le chemin à destination de chez elles. Tout d’un coup, à mi-chemin, son amie Laïla lui a crié : «Attention Malika !…Attention ! Au secours». Elle a tenté de s’enfuir. Mais, en vain. Mohamed ne leur a pas laissé la moindre chance de s’enfuir, ni même de bouger. Il était armé d’un couteau quand il leur a barré le chemin. Les deux jeunes femmes étaient figées, n’ont pas pu demander secours, tremblaient de peur. Mohamed a mis le couteau au niveau des côtes gauches de Malika, a saisi violemment les cheveux de Laïla, et a conduit les deux femmes terrifiées vers son domicile qui ne s’éloigne que de deux pas. Il les menaçait de meurtre si elles demandaient secours. Et il leur a intimé l’ordre de se déshabiller. Il s’est dénudé également. Tous les trois étaient nus. Mohamed a saisi dans un premier moment Laïla, lui a demandé de s’allonger et lui a mis le couteau sur le cou. Il s’est adressé ensuite à Malika et l’a obligée à les regarder en train de faire l’amour. Sans vergogne et sans pitié, il a abusé de Laïla à maintes reprises. C’était comme un monstre. Puis, il s’est adressé à Malika. Il lui a mis également le couteau sur le cou et l’a obligée à lui céder. Fruit d’une relation conjugale soldée par le divorce, il est né à Casablanca et a passé ses quatorze premières années en compagnie de son père avant de se jeter entre les bras de sa mère qui demeure à Sidi Bennour où il a appris les b.a.-ba du vagabondage et de la délinquance. Il a été arrêté à trois reprises pour vol simple. La prison l’a rendu cruel. Quand Malika et Laïla se sont abstenues enfin de lui céder, il a commencé à les frapper par une barre en fer. Il les a gravement blessées. Tout d’un coup, Malika est arrivée à lui arracher cette barre en fer et lui a donné un coup au niveau de la tête. Il a perdu connaissance. Et elles ont pris la fuite. Direction ? Le poste de la Gendarmerie royale. Elles l’ont dénoncé. Mohamed a été arrêté et a été traduit devant la justice qui l’a condamné à huit ans de réclusion criminelle.

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