Condamné à perpétuité pour avoir tué sauvagement sa nièce

Nous sommes à la chambre criminelle. Ce jeudi du mois de février, la salle d’audience est archicomble. Au box des accusés, Abdelali se tenait devant les trois magistrats qui statuent dans les affaires criminelles. «As-tu tué ta nièce ? ». La question du président de la Cour était directe, sans préambule. Abdelali a gardé le silence comme s’il n’avait rien entendu. Il  scrutait les quatre coins de la salle d’audience comme s’il cherchait quelqu’un. Le président lui a posé une autre fois la même question, mais d’une autre manière : «Qui a tué Khadija ?». Sans équivoque, Abdelali a avoué : «C’est moi qui l’ai tuée». C’était en 1977 qu’Abdelali a vu le jour. Issu d’une famille demeurant dans un douar de la région de Berrechid, attachée à la terre, il a quitté l’école à la huitième année d’enseignement fondamentale pour rester à la merci du travail agricole. Au fil du temps, il a commencé à se comporter curieusement, à délirer jour et nuit comme s’il était possédé par les djinns et à éviter de rejoindre ses amis du douar et même ses proches. Il a été interné quelques semaines à l’hôpital psychiatrique à Berrechid. Il l’a quitté après que sa santé s’est rétablie. Depuis, il semble être normal. Il a repris sa vie active sans manifester le moindre comportement hors de la normale. Mais, que s’est-il passé ce jour du mois de mai 2009 ? «J’étais chez une proche de la famille. Quand je suis retournée, vers 14 h, chez moi, j’étais surprise par ce que j’avais vu… Je n’avais pas cru mes yeux M. le président», a affirmé la mère d’Abdelali à la Cour tout en pleurnichant comme un petit enfant. Une fois au vestibule de la maison, elle a remarqué son fils qui se tenait devant le cadavre de sa petite-fille, âgée de sept ans, les mains ligotées et égorgée. Abdelali n’a pas quitté la scène du crime, ni avoir tenté de prendre la fuite. Il est resté avec toutes les personnes qui ont afflué. Arrêté, Abdelali avait affirmé aux enquêteurs de la Gendarmerie royale : «Quand je suis rentré à la maison, j’ai remarqué qu’elle avait l’intention de me dénoncer ». «Je lui ai ligoté les deux mains et je l’ai égorgée avec un couteau que je portais sur moi», avait-il ajouté aux enquêteurs. Au contraire, devant le juge d’instruction, il avait expliqué que la défunte l’avait violenté avant de le mettre à terre en le poussant par derrière. Des mensonges ? Devant la Cour, Abdelali a avoué son crime, mais sans révéler le mobile apparent de son acte. En conséquence, la Cour l’a jugé responsable de son crime odieux contre sa nièce puisqu’il semble n’est pas un aliéné mental, l’a jugé coupable et l’a condamné, après l’avoir bénéficié des circonstances atténuantes, à la peine capitale.

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