Condamné à six ans de prison pour avoir violé une jeune fille

«Elle était ma copine, M. le président». C’est le refrain que Mohamed a répété à maintes fois devant le président de la Cour. Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Comme à l’accoutumée, la salle d’audience est archicomble. Aucune place n’était vacante. Au box des accusés, se tenait Mohamed qui se disculpait depuis l’ouverture de son procès. Juste à côté, Jamila répliquait, à chaque fois, qu’elle n’avait jamais eu de relation avec Mohamed. «J’étais chez moi quand Nadia est arrivée… Nous avons passé toute l’après-midi ensemble », a-t-elle commencé son témoignage. Toutes les deux ont parlé, cet après-midi, de tout et de rien. C’était leur habitude depuis leur enfance. Elles ont partagé les mêmes bancs de l’école et du collège avant qu’elles abandonnent leurs études à la huitième année d’enseignement fondamental. Mais, quand la famille de Nadia a déménagé à un autre quartier, les deux amies ne se rencontraient que rarement. Il était tard, quand Nadia a décidé de retourner chez elle. Jamila l’a supplié de rester avec elle jusqu’au lendemain. Nadia a refusé puisqu’elle devait passer la nuit aux côtés de sa mère malade. Jamila a décidé de l’accompagner au moins pour quelques mètres pour prendre un grand taxi pour rentrer chez elle. Nadia est montée dans le grand taxi. Et Jamila a fait demi-tour pour retourner chez elle. Seulement, à mi-chemin, elle a remarqué un jeune homme qui la suivait comme son ombre. Elle s’est inquiétée. Elle a accéléré ses pas. Mais le jeune homme accélérait aussi les pas pour s’approcher d’elle. Tout d’un coup quand elle est arrivée dans une ruelle plus ou moins obscure, il l’a attrapée. Que voulait-il d’elle? La violer. «Non, M. le président, je la rencontrais de temps en temps dans la même ruelle», a répondu Mohamed à l’une des questions de la Cour. À son bas âge, Mohamed a rejoint un tailleur traditionnel afin d’apprendre le métier. C’est au primaire qu’il a quitté définitivement l’école. Malheureusement, il n’a pas pu apprendre également le métier de tailleur. Il a poursuivi sa vie de chômeur. Jusqu’au moment où il s’est retrouvé entre les bras de quelques voyous. Une mauvaise fréquentation qui lui a coûté cher. Puisqu’il a purgé une première peine d’emprisonnement de six mois ferme pour vol simple, puis une deuxième d’un an ferme pour vol simple avec récidive et consommation de drogue. Il n’a été relâché que quelques mois afin d’y retourner pour la troisième fois et purger une peine d’emprisonnement de deux ans pour complicité au vol qualifié. Cependant, cette fois, l’accusation semble être plus lourde : le viol. «Elle était ma copine, M. le président. Quand elle a entretenu une relation amoureuse avec un autre jeune homme, elle a voulu se débarrasser de moi en me collant l’accusation de viol et de vol », a-t-il affirmé à la Cour qui semble ne l’avoir pas cru. Au contraire, la jeune fille, Jamila, qui n’arrivait pas à retenir ses larmes quand elle a commencé à raconter ce qui lui était arrivé à la Cour, a expliqué que : «Il n’a jamais été mon copain, M. le président. C’est un menteur. Il a brandi un couteau et a menacé de me tuer si je ne lui cédais pas. Je n’avais pas le choix, M. le président. J’étais obligée de me dénuder et de le laisser faire». Et Mohamed a continué à répéter à la Cour qu’elle était sa copine. Mais en vain. Il a été jugé coupable et condamné à six ans de réclusion criminelle.

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