Condamné pour viol de sa cousine

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Habillé en tenue de sport, Abdelmalek se tenait devant les magistrats, l’air calme. Il fixait la terre par ses regards comme s’il n’osait pas voir le président de la Cour qui feuilletait encore son dossier. Âgé de vingt-huit ans, le jeune homme n’a jamais imaginé être poursuivi en justice pour viol.
«J’avoue ma part de responsabilité dans ce qui s’est passé M. le président, mais je n’avais pas l’intention de commettre ce viol…», a-t-il déclaré à la Cour quand il a été interrogé sur son crime de viol qu’il a commis contre sa cousine Samira, âgée de dix-sept ans. Une réponse ambiguë. Comment avoue-t-il sa responsabilité de ce qu’il a commis et rejette-t-il en même temps son intention de le faire ?
Diplômé en gestion d’entreprise, Abdelmalek vient à peine quelques mois de décrocher un emploi. Il rendait souvent visite à son oncle et entretenait une bonne relation avec son cousin, Hamid, son aîné de trois ans.  Le jeune homme est tombé sous le charme de sa cousine. Selon sa version relatée à la police, Samira usait de tout son charme pour le séduire. Elle profitait, dit-il, de l’absence de son frère et son père pour porter un vêtement plus ou moins sexy. Sa mère était-elle au courant ?  Abdelmalek a précisé à la Cour que l’épouse de son oncle est une femme croyante et pieuse et qu’elle ne s’est pas rendu compte du comportements de sa fille. Elle ne faisait aucune remarque quand ils se retrouvaient ensemble au salon de la maison alors qu’elle était à la cuisine. «Pour l’épouse de mon oncle, il ne s’agit que d’une relation amicale et familiale entre deux cousins», a ajouté Abdelmalek à la Cour. Samira, poursuit-il, disparaissait dans la chambre quand son frère ou son père arrive. Et pourtant, sa mère n’a rien remarqué d’étrange. Pourquoi Abdelmalek arrivait-il tôt à la maison, alors qu’il savait que ni son cousin ni son oncle n’étaient pas à la maison ? «C’est ma famille M. le président… L’épouse de mon oncle et Samira ne sont pas des étrangères pour moi», a-t-il expliqué à la Cour. Après quoi, Abdelmalek a commencé à profiter de l’occasion de l’absence de l’épouse de son oncle pour étreindre pour quelques moments sa cousine qui ne refusait pas son acte. Ils n’ont jamais partagé le même lit jusqu’à la veille de son arrestation. «J’étais au café ce jour-là quand mon téléphone portable a sonné», a-t-il affirmé à la Cour. C’était ma cousine Samira qui était à l’autre bout du fil.  Elle m’a demandé de la rejoindre chez elle. Elle m’a dit que ses parents et son frère ne sont pas à la maison. Il l’a rejointe. Quand les parents de Samira furent rentrés, ils ont surpris leur fille entre les bras d’Abdelmalek. Ils n’ont pas cru leurs yeux. Sans tarder, Samira s’est mise à pleurer en l’accusant de viol. L’oncle n’a pas pu supporter l’image de sa fille entre les bras de son neveu et il a porté plainte auprès de la police. De son côté, Samira raconte une autre version des faits. Les larmes aux yeux, elle a précisé à la Cour que ce jour-là elle était seule à la maison. Elle n’avait pas de cours l’après-midi. Vers 16 h, son cousin est rentré pour s’asseoir au salon. Elle s’est assise près de lui en engageant une conversation. Seulement, elle fut surprise par ses avances en tentant de l’encourager de coucher avec lui. Elle a refusé. Mais, il s’est jeté sur elle en commençant à couvrir son visage d’étreinte et en essayant de lui ôter ses vêtements. «Heureusement, mes parents sont entrés pour me sauver», a-t-elle précisé. Qui a raison et qui a tort ? Difficile à le prouver. Et pourtant, la Cour a jugé Abdelmalek coupable et l’a condamné à dix-huit mois de prison ferme.

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