Cupide, un couple tue un fkih

«C’est quoi cette odeur qui pique nos narines depuis plus de deux jours ?», a chuchoté une femme qui demeure dans une ruelle de Tétouan à l’oreille de sa voisine. Tous les habitants de cette ruelle ont inhalé ces jours du mois de juin une odeur nauséabonde qui provenait du domicile d’un fkih et de ses voisins, un couple qui venait de louer le rez-de-chaussée il y a quelques mois. Les habitants ont frappé à la porte. Mais personne ne l’a ouverte. Tout le monde est au courant qu’un couple venait, il y a huit ou neuf mois, de louer le rez-de-chaussée. Où est-il ? Les habitants ont continué à frapper à la porte. En vain. Le couple semble absent. Aussitôt, l’un des voisins a proposé d’alerter la police. Peut-être que le fkih a rendu l’âme sans que personne ne s’en rende compte !
Les éléments de la police judiciaire de la ville de «La Colombe Blanche» et les éléments de la protection civile se sont rendus sur les lieux. La porte du domicile a été défoncée. Les enquêteurs y sont entrés. Ils sont passés par le rez-de-chaussée et ont monté les marches vers le premier étage où demeure le fkih. Sur le lit, dans la chambre à coucher, son cadavre est en décomposition avancée. Est-il décédé d’une mort naturelle ? Peut-être. Le cadavre a été évacué vers l’hôpital médico-légal pour autopsie. Et le rapport du médecin légiste a été remis entre les mains du chef de la brigade policière : la mort n’est pas naturelle ! Qui l’a tué ? L’enquête a été diligentée pour répondre à la question. Les enquêteurs ont conclu d’abord qu’aucun étranger n’est entré à la maison. Parce qu’il n’existe aucune trace d’effraction sur les portes et les fenêtres. Autrement dit, l’index a été mis sur le couple. Pas moins de deux jours après la découverte du cadavre, le couple, M.M et son épouse N. A, est de retour d’un voyage de plus d’une semaine. Ce couple est-il le meurtrier de ce fkih d’une soixantaine d’années ? M.M et son épouse se sont disculpés. Sont-ils vraiment innocents ? Les enquêteurs ont effectué une perquisition chez eux. Et la découverte était étonnante. Les limiers ont saisi un cartable déchiré portant des traces d’encre avec lequel les charlatans écrivent les amulettes. Une réalité qui a poussé le couple à se mettre à table. Amante du fkih depuis qu’elle a loué le rez-de-chaussée, l’épouse, N. A, a informé son mari que le fkih dispose d’assez d’argent. Et ils ont décidé tous les deux de le liquider et de profiter du butin. À ce propos, l’épouse est rentrée chez le fkih. Un moment après, son mari l’a rejointe avec une barre en fer. Il l’a surpris par quelques coups à la tête. Convaincu qu’il avait passé de vie à trépas, le couple a mis la main sur le cartable qui renfermait uniquement 20 mille dirhams. Une somme dérisoire contre la vie d’un être humain. Etrange !

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