De l’amour au sang

Khadija a vu le jour en 1980 à Casablanca. Issue d’une famille pauvre, elle n’avait pu  poursuivre sa scolarité  que jusqu’au primaire. À son adolescence, elle a été abandonnée à son triste sort. Autrement dit, ses parents n’ont déployé aucun effort pour la chercher quand elle est sortie de chez elle sans retour. Où était-elle partie? D’une bonne à tout faire à une serveuse dans un café, elle a tenté de gagner sa vie du mieux qu’elle pouvait sans recourir à qui que se soit. Et elle a loué une chambre avec d’autres filles. Entre-temps, un jeune qui fréquentait le café où elle travaillait a commencé à s’intéresser à elle. Il s’agit d’un jeune célibataire nommé Mahjoub. Des regards aux paroles, il a fini par lui confier son amour. Pour elle, c’était un bonheur d’écouter les mots mielleux d’une personne qui l’aimait. Mais s’agissait-il d’un amour sincère ? Une chose que Khadija ne pouvait pas savoir. Entre-temps, il lui a proposé de se rencontrer dans un café à Ain Diab. Elle a accepté. Et c’était le début d’une aventure amoureuse entre eux. Il l’a alors invitée chez lui. Elle ne s’est pas abstenue. En fait, elle a trouvé dans Mahjoub l’homme qu’elle rêvait. Il ne lui refusait rien. Il répondait à ses moindres besoins.
Khadija était devenue follement amoureuse de lui. Certes, elle plaisait à Mahjoub, mais l’aimait-il vraiment ? C’est une question qui a commencé à lui hanter l’esprit quand il lui a confié: «Je partage mon temps avec toi». Et son amour ? Et son cœur ? Et ses rêves? Le doute commençait à lui ronger le cœur. Que devait-elle faire ? Elle lui a demandé s’il pensait se marier avec elle. Sa réponse fut négative. Et c’était la goutte qui a débordé le vase. Dès qu’ils se rencontraient, ils commençaient à se bagarrer et à échanger les invectives.   , lui disait-il. Et pourtant, il n’hésitait pas à la solliciter à partager avec lui le même lit. Bref, il la traitait comme une maîtresse. Ni plus ni moins. Comme à l’accoutumée, elle l’a accompagné chez lui. Et lorsqu’ils partageaient le même lit, elle lui demandait s’il avait l’intention de se marier avec elle ou pas. « Non… », lui a-t-il répondu. Pourquoi ? « Ma mère m’a choisi une fille… », lui a-t-il précisé.
Sans hésitation, elle a quitté la chambre à coucher avant de réapparaître avec un couteau à la main. Elle a tenté de le tuer. Seulement, il est arrivé à lui arraché le couteau et lui a asséné deux coups mortels. Il a appelé son frère, lui a raconté ce qui s’est passé et lui a demandé d’alerter la police. Devant la Cour de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca, il a avoué son crime.
«Mais je voulais me défendre et non pas la tuer…», a-t-il déclaré. Jugé coupable pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner, il a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle.

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