De l’éducation à l’infanticide

Il s’agenouillait, tenait sa tête entre ses deux mains et sanglotait. Les larmes coulaient à flot de ses yeux. Sa femme qui était dans l’autre chambre l’a rejoint pour lui demander ce qui est arrivé à son enfant, âgé de onze ans. Celui-ci n’est plus qu’un corps sans âme, gisant à terre, devant ses yeux. L’épouse criait, sanglotait, se jetait sur le corps de son enfant, sollicitait le père de téléphoner aux éléments de la protection civile pour l’évacuer aux urgences de l’hôpital à Sidi Kacem, lui demandait de le sauver. «C’est trop tard…», a balbutié le père qui n’arrivait pas à tenir ses larmes. En écoutant cette réponse, la mère a lancé un cri strident. Les voisins qui ont entendu le cri ont couru vers leur domicile pour savoir ce qui s’est passé. En y entrant, ils sont restés bouche bée. Le petit corps étendu par terre, sans vie. «Est-il mort ?», se sont-ils interrogés. «J’ai tué mon enfant… C’est moi qui l’ai tué», a crié le père qui a perdu connaissance avant de la reprendre quelques minutes plus tard. Les voisins n’ont pas cru ses paroles. Mais, il leur a demandé d’alerter la police. Il n’a pas d’autre choix. Avisés, les éléments de la police judiciaire se sont dépêchés sur les lieux. Ils étaient certains que l’enfant n’était plus en vie. Sur son corps, ils ont remarqué des traces de violences. Le père qui larmoyait sans cesse leur a avoué être l’auteur de l’infanticide. Ses deux autres enfants se tenaient devant lui et le fixaient par leurs petits yeux comme s’ils lui reprochaient d’avoir tué leur frère. «Je n’avais pas l’intention de le tuer… Je voulais juste l’éduquer», a-t-il affirmé aux enquêteurs.
L’éduquer ? L’éducation des enfants est-elle synonyme de violence, maltraitance et brutalité ? «J’ai perdu le contrôle de mes nerfs lorsque je le corrigeais avec un bâton», a-t-il ajouté aux enquêteurs dont le chef a déjà téléphoné au fourgon mortuaire pour évacuer le cadavre vers la morgue pour être autopsié. Pourquoi le maltraitait-il violemment au point de le tuer ?
«Mon enfant était souvent en compagnie d’un jeune homme. Je lui demandais toujours de ne plus l’accompagner. Mais en vain. Mon enfant n’avait que onze ans alors que le jeune homme est son aîné de plus d’une quinzaine d’années», a-t-il précisé aux enquêteurs. Le père n’hésitait pas à chaque fois à demander à son enfant, écolier, d’éviter d’être en compagnie de ce jeune homme, qui n’est pas de son âge, ni de sa génération. En fait, le père croyait que le jeune homme était un pédophile qui profitait sexuellement de son enfant. Tout était possible. Sinon, pourquoi ce jeune homme n’accompagnait pas les jeunes hommes de son âge. C’est la question qui a hanté l’esprit du père et à laquelle il n’a pas trouvé de réponse. C’était le soir d’un jour de la troisième semaine du mois d’avril quand le père a remarqué, par un pur hasard, son enfant qui accompagnait, une fois encore, le jeune homme. «Ils marchaient ensemble sans que je sache leur destination», a affirmé le père aux enquêteurs qui l’ont conduit au commissariat pour complément d’enquête. Hors de lui, le père s’est jeté sur son enfant. Il l’a frappé en pleine rue avant de le conduire chez lui. Là, il a saisi un bâton et il a commencé à le frapper. Au fil des coups, il lui a asséné un seul au niveau de la tête. L’enfant a perdu, aussitôt, connaissance et l’âme.

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