Démantèlement d’une bande qui agressait les ivrognes

Démantèlement d’une bande qui agressait les ivrognes

Nous sommes à Casablanca. Dans un bar, Saïd se tient au comptoir. Il demande une bière après l’autre. La barmaid le sert depuis 20 h 30. Elle a remarqué qu’il était déjà ivre. Cet employé de trente-deux ans profite toujours du samedi pour se divertir. Il s’enivre pour son plaisir et non pour fuir les problèmes de la vie, ni pour oublier une amante qui l’aurait abandonné. Il trouve également son plaisir en s’enivrant seul, sans compagnon. La barmaid et les videurs de ce bar, qui le connaissent depuis au moins quatre ans, remarquent toujours qu’il ne sollicite même pas une entraîneuse ou une fille de joie, comme les autres ivrognes, pour passer son temps. Tout le monde atteste qu’il est un jeune sans problème, qui quitte le comptoir pour y  retourner une semaine plus tard.
21 h 30 sonnent. Saïd est toujours au comptoir, ingurgitant sa bière, quand un jeune homme prend place à côté de lui au comptoir. Celui-ci demande une bière tout en le scrutant. Saïd ne se rend pas compte de lui. Il sirote sa bière tout en causant de temps en temps avec la barmaid. 
Tout d’un coup, le jeune homme s’approche de lui et demande à la barmaid de leur servir deux bières. Saïd ne sait pas pourquoi? Il est certain qu’il ne l’a jamais vu et ne l’a jamais rencontré, ni dans son quartier, ni à son lieu de travail, ni dans un autre bar. Qui est-il ? «Je crois que nous avions étudié au même collège», lui lance le jeune homme qui s’apprête à siroter sa bière.
«Non, non, je ne crois pas… Je crois que je ne t’ai jamais vu», lui répond Saïd sur un ton  exclamatif. Et pourtant, le jeune homme qui se fait  passer pour un officier de police  prénommé Abdellah a continué à discuter avec Saïd sans demander une autre bière. D’abord, c’est Saïd qui l’a invité à prendre  une bière. Et la conversation commence à prendre du temps. Puisqu’il s’agit d’un policier, Saïd n’a rien à craindre. Ce policier s’enivre 
également seul et a préféré passer quelque temps avec Saïd? Peut-être ?
Il est 22 h. Les videurs commencent à demander aux clients de vider le bar. C’est l’heure de la fermeture.
«Je serais très heureux de prendre avec toi une bière dans un bar qui ne ferme que vers minuit», lui dit Abdellah sur un ton sérieux. Tous les deux sortent du bar et empruntent le chemin à destination de l’autre. Où se trouve-t-il ? Saïd n’en a aucune idée. Mais Abdellah est un policier. Il n’a rien à craindre. Soudain, Saïd remarque trois autres jeunes hommes qui les rejoignent à la rue, le poussent à l’intérieur d’un immeuble et lui mettent la tête dans un sachet en plastique noir. «Vides tes poches… Vite, ne perd pas de temps», lui ordonne Abdellah sur un ton menaçant.
Aussitôt, Saïd lève ses mains en haut et leur permet de fouiller ses poches. Ils lui dérobent une somme de mille deux cents dirhams, une montre et son téléphone cellulaire. Et ils disparaissent. Saïd dépose, le lendemain, une plainte auprès de la police. En fait, il était leur énième victime. Les éléments de la police les cherchent activement. La semaine dernière, quelques éléments de la police judiciaire de  Casablanca-Anfa étaient en ronde quand ils ont remarqué trois jeunes hommes en compagnie d’un quatrième qui ressemble à un homosexuel. Tous les quatre venaient de sortir d’un bar du boulevard Mohammed V. Sans attirer leur intention, ils ont suivi leurs pas jusqu’à l’entrée d’un immeuble. Rapidement, ils ont mis un sachet en plastique à la tête du jeune homme qui ressemble à un homosexuel et l’ont poussé à l’intérieur de l’immeuble.
C’est à moment précis que les policiers sont intervenus pour démanteler cette bande composée de plus d’une dizaine de membres. Jusqu’à  aujourd’hui, les enquêteurs ont mis la main sur cinq, tous des repris de justice.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *