Des malfrats sous les verrous

Des malfrats sous les verrous

Trois jeunes hommes se tenaient, ce jeudi du mois de décembre, devant la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Ils sont poursuivis pour constitution d’une bande de malfaiteurs, vol qualifié, coups et blessures à l’arme blanche. Le premier prévenu s’appelle Abdelmoughite. Ce jeune de vingt-huit ans est issu de l’ancienne médina de Casablanca. Il quitte très tôt les bancs de l’école.
Ses parents ne lui ont pas porté aide pour apprendre un métier. Ils l’ont abandonné à son propre sort. En conséquence, des délinquants du quartier lui ont ouvert les bras.  Ils l’encourageaient à fréquenter des cafés où l’on fume du narguilé et du hachisch. C’est là où il a commencé à apprendre à fumer des cigarettes, puis du haschisch et enfin à consommer de l’alcool.
Au fil des semaines, il est devenu un toxicomane. Il avait toujours besoin d’argent pour se procurer sa dose quotidienne. Pour cela, l’un de ses amis lui a fait une proposition. Celui-ci lui a expliqué qu’il existe des moyens simples ne nécessitant pas beaucoup d’efforts pour avoir de l’argent.
Le vol à l’arraché est, selon lui, la meilleure solution. Il suffit de faire un ou deux tours au centre-ville pour arracher des sacs à main pour femmes, des lunettes, des casques ou des téléphones portables.
Abdelmoughite s’est alors engager sur cette voie dangereuse, apprenant les techniques consistant à surprendre ces victimes tout en étant à bord d’un vélomoteur. Il a été appréhendé plusieurs fois et a été condamné quatre fois à des peines d’emprisonnement. Il a écopé, pour la première fois, d’une peine d’emprisonnement d’un an ferme. Après sa libération, il récidive. Le deuxième mis en cause s’appelle Abdellah. Ayant à peine vingt-deux ans, il a déjà deux antécédents judiciaires. Il a été condamné, une fois alors qu’il avait dix-huit ans, à trois mois de prison ferme. Après sa libération, il guettait ses victimes. Ce crime lui a coûté huit mois de prison. Cet originaire d’Azemmour ne sait ni lire ni écrire. Ses parents, qui demeurent dans un douar de la région, ne l’ont jamais inscrit dans un établissement scolaire, même pas dans une école coranique. À l’âge de seize ans, il a accompagné son oncle à Casablanca afin d’apprendre un métier. Quelques mois plus tard, il a été embauché chez un mécanicien. Mais celui-là semble ne pas avoir l’intention de gagner sa vie honnêtement. Il cesse alors d’y aller arguant que quelqu’un lui a promis de l’embaucher dans une société de confection.
Il ne tardera pas à faire une fugue quittant à jamais son oncle. C’est ainsi qu’il bascule dans la délinquance. De petit margoulin, il se transforme en  bandit professionnel. Il guettait les femmes et les soûlards pour dérober leur argent et les objets précieux qu’ils portent. Sans peine, il arrivait parfois à blesser sa victime si elle résistait. 
Quant au troisième membre de la bande, il s’appelle Abdelkhalek. Ce dernier était un dealer qui avait purgé quatre peines d’emprisonnement. Ayant trente-deux ans, il a accompli sa première peine d’emprisonnement à l’âge de vingt-deux ans. Après quoi, il a été arrêté à trois reprises. Toujours pour trafic de drogue, il a purgé des peines allant de six mois à deux ans de prison ferme. Après avoir formé une bande de malfaiteurs, le trio a commencé depuis plus d’un an à opérer dans les boulevards et les ruelles casablancais. Les trois malfrats agressaient leurs victimes en les menaçant avec des couteaux. Ils ont même blessé quelques victimes en leur donnant des coups de couteau. Devant la Cour, ils ont tous nié les charges retenues contre eux. Mais les six victimes qui ont répondu favorablement à la convocation de la cour ont témoigné contre eux.
Bien que l’avocat de la défense, constitué dans le cadre de l’assistance judiciaire, ait tenté de les innocenter en mettant en avant leur origine sociale modeste, les juges ont estimé que les agissements des trois prévenus méritaient sanction. Cinq ans de prison pour chacun.

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