Des narcotrafiquants arrêtés à Mohammédia

Des narcotrafiquants arrêtés à Mohammédia

La scène se déroule vendredi 2 mars, vers 2 heures, à Mohammédia. Une «Partner» de couleur grise et une Kia de couleur rouge circulent à tombeau ouvert. Une patrouille de police les remarque et commence à les poursuivre. Ils accélèrent alors en trombe, et c’est le début de la course-poursuite. Les deux voitures prennent alors tous les risques pour semer les policiers.
Trente minutes de poursuite échevelée, plusieurs stops non respectés, des feux rouges brûlés, plusieurs lignes blanches franchies, des ronds-points pris à l’envers… Au moins, les faits sont clairement établis. Et ce qui est sûr, c’est que les policiers vont se souvenir longtemps de ce contrôle banal. Les chauffards également.
Quoi qu’il en soit, les policiers ont continué à filer le train aux fuyards. A aucun moment, ils n’ont lâché prise. Parfois, ils n’étaient plus qu’à quelques mètres des fuyards. Ils ont alors remarqué que chacune des deux voitures avait deux personnes à bord.
Mais au détour d’une rue, l’un des véhicules a disparu. Devant les policiers, il n’y avait plus que la «Partner» avec à son bord non plus deux, mais quatre personnes.
Arrivées en renfort, d’autres fourgonnettes ont bouclé toutes les issues des boulevards et rues susceptibles d’être empruntés par les fuyards. Fin du premier acte : n’en pouvant plus, le conducteur s’est arrêté et lui et ses trois passagers sont sortis de leur voiture, les bras en l’air. Ils s’agit de deux frères, Souhaïl et Adel et leurs deux cousins, Al Ayachi et Al Alami. Ils n’étaient ni souls ni drogués et ils ne portaient nulle arme sur eux. La fouille de leur véhicule s’est elle aussi révélée négative. A bord, il n’y avait aucun produit prohibé ni quoi que ce soit de suspect. Pourquoi fuyaient-ils? «Parce qu’on a eu peur…», ont-ils répondu à l’unisson. Peur de quoi ? Pas de réponse. Et la «Kia» rouge, où l’ont-ils cachée ? «A Derb Laâyoune», finira par dire l’un d’entre eux. Après s’être rendus sur les lieux et fouillé le coffre de celle-ci, les policiers ont mis la main sur  27 kilos de haschich.
Conduits au commissariat de police pour complément d’enquête, les quatre mis en cause ont avoué être membres d’une bande internationale de trafiquants de drogue. Al Ayachi et Alami qui sont agriculteurs dans la région de Zoumi, non loin de Larache, fournissent du haschich à leurs cousins, Souhaïl et Adel, qui se chargent de l’expédier vers l’étranger. À ce propos, ils ont loué une villa située au quartier de la Gare, à Mohammédia où ils ont domicilié une société chargée de la fabrication et la vente de produits d’ameublement. Ils y emballaient leurs marchandises destinées à l’exportation en y dissimulant du haschich en vue de sa réception, à Paris, en France, par un certain M. A. L’export  s’effectuait via des autocars d’une société de transport établie à Casablanca. Son propriétaire a été également arrêté par les enquêteurs. Quand ces deniers ont procédé à la perquisition de la villa du quartier de la Gare, à Mohammedia, ils ont mis la main sur 64.000 DH en espèces et sur une Mercedes 300. Les vingt-sept kilos de haschich saisis ont été achetés auprès des deux frères, Adel et Souhaïl contre une somme de 135.000 dirhams, dont 15.000 DH ont été versés. Le reste de la somme leur aurait été remis sitôt réception de la marchandise par ses destinataires parisiens. Les cinq mis en cause ont été déférés, lundi 5 mars, devant la Cour d’appel de Casablanca. Mais le parquet général a décidé de les renvoyer à la Chambre correctionnelle près le tribunal de première instance de Mohammédia.

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