Deux commerçants séquestrés et maltraités par une bande de malfrats

Mohamed et Abdellah sont deux amis, commerçants de leur état, qui ne se séparent jamais. Ils sont spécialisés dans l’achat et la vente de voitures d’occasion. Un commerce qui n’est pas aisé et qui nécessite beaucoup d’argent. C’est pourquoi, ils se partagent les charges comme ils partagent les bénéfices. Nous sommes le mardi 13 avril. Mohamed et Abdellah se préparent à voyager à Nador. Ils doivent parcourir plus de six cent trente kilomètres à bord de la voiture de Mohamed. Ce n’est pas la première fois qu’ils parcourent ce trajet, c’est la énième. Ce matin, tout est prêt. La voiture est garée devant la maison de Mohamed. Son ami, Abdellah, l’attend déjà. Tout d’un coup, Saïd arrive, avec un sac à la main. «Ne démarrez pas… Attendez-moi», crie Saïd qui semble être pressé pour rejoindre Mohamed et Abdellah. En fait, Saïd n’est ni l’ ami de Mohamed, ni de Abdellah. Mais, il a fait la connaissance, depuis quelques mois, d’Abdellah grâce à un ami commun. Depuis, ils s’attablaient de temps en temps au café. Saïd est originaire de Nador. Et il est au courant qu’Abdellah et Mohamed, disposent d’une importante somme d’argent qui servait à acheter des voitures d’occasion. Il est même au courant qu’ils vont voyager ce mardi à Nador. C’est pourquoi, il s’est préparé pour les rejoindre et voyager en leur compagnie. C’est l’occasion pour qu’il rende visite à sa famille à Nador, a-t-il expliqué à Abdellah et Mohamed quand il les a surpris avec le sac à la main. Les deux amis s’échangent les regards avant de lui permettre de monter en voiture. Tout au long de leur chemin, ils écoutent de la musique ou ils conversent. Mais, à chaque fois, le téléphone portable de Saïd sonne. Il parle à voix basse avec son interlocuteur. 20h a sonné. La voiture arrive à Bir Tam Tam, province de Sefrou. Saïd lance: «Je suis très fatigué et j’aimerai prendre un moment de repos avant de reprendre la route… J’ai de la famille qui demeure non loin delà , nous pouvons nous reposer pendant une demi-heure». C’est une bonne idée. Mohamed et Abdellah semblent être fatigués et doivent prendre quelques minutes de repos. Tous les trois descendent de la voiture. Ils empruntent le chemin vers le domicile de la famille de Saïd. Il ne s’agit que d’une baraque. Peu importe. Les deux amis sont derrière Saïd qui frappe à la porte. Et c’est la surprise. Plusieurs jeunes hommes avec des armes blanches en sortent, violentent les deux amis et les obligent à y entrer. Avec Saïd, ils sont au nombre de sept. Que veulent-ils des deux commerçants ? De l’argent. Ils les dénudent, leur fouillent les poches, leurs valises, leurs sacs, leurs portefeuilles. En vain. Il n’y a pas d’argent. Où se trouve-t-il? C’est la question que les membres de la bande posait à chaque moment tout en maltraitant Mohamed et Abdellah, jour et nuit. Toujours en vain. Les deux amis gardent le silence. Pour eux, il vaut mieux subir le calvaire pendant quelques jours plutôt que de leur révéler la cachette de leur capital. Mais, jusqu’à quand pourront-ils supporter ce calvaire ? Trois jours passent. La maltraitance, le supplice, la faim, la soif, les injures… Et les deux amis gardent toujours le silence. Les jours passent et les membres de la bande semblent ne pas avoir l’intention de les relâcher seulement après avoir mis la main sur l’argent. Une semaine de torture. Mohamed n’arrive pas à supporter un jour de plus. Il finit par leur dévoiler la cachette. Où ? Dans le pneu de secours. Les sept membres de la bande mettent la main sur les milliers de centaines de dirhams et les milliers d’euros avant de s’évaporer dans la nature. Les deux amis retournent chez eux à Casablanca et déposent plainte auprès du district de la police de Casa-Anfa. Aussitôt, les investigations sont lancées. Les enquêteurs se déplacent vers les douars de Sefrou pour rechercher les mis en cause. Ils mettent la main sur trois membres de la bande . Alors que les quatre autres demeurent toujours en fuite.

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