Deux repris de justice arrêtés pour escroquerie à la «Samaoui»

Deux repris de justice arrêtés pour escroquerie à la «Samaoui»

En djellabas blanches, tous les deux paraissent honnêtes et respectueux. L’un est âgé de 50 ans et l’autre de 61 ans. Ils se plantent, ce samedi 18 juin, dans un endroit loin des curieux, à Hay Hassani, à Casablanca, quand une femme s’approche d’eux.

Tous deux lui lancent un sourire et l’obligent à s’arrêter. Un peu plus loin, un policier de la circulation les regarde curieusement. Les deux hommes en djellaba qui engagent une conversation avec cette femme lui paraissent suspects. En fait, il a de bonnes raisons de croire que les deux hommes sont des charlatans qui pratiquent le «Samaoui», une sorte d’escroquerie par laquelle des hommes se font passer pour des fkihs pour plumer leurs victimes, notamment des femmes.

En effet, cette technique d’escroquerie nécessite en général trois personnes qui choisissent avec soin leur victime. Ils la guettent dans des endroits plus ou moins déserts. Le modus operandi semble être simple. Il suffit que l’un d’eux entre en contact avec sa victime lui demandant de lui indiquer le chemin ou une adresse quelconque avant d’engager une conversation captivante qui porte sur la jalousie, la sorcellerie et le mauvais sort. Mais, le temps fort n’est autre que lorsque le faux fkih commence à énumérer les problèmes dont souffre la victime. Celle-ci reste bouche bée et tombe définitivement dans le piège, ignorant que les escrocs avaient déjà effectué une enquête sur son entourage pour avoir toutes les informations qui la concernent. Croyant que le faux fkih avait des pouvoirs magiques, la victime commence à lui céder. Entre temps, un deuxième individu, membre de la bande qui joue le rôle d’un simple passager, rejoint le faux fkih. Le jeu prend ensuite une autre tournure puisque la victime se retrouve entre deux escrocs professionnels. Ils la sollicitent de leur apporter ses bijoux en or et son argent qu’elle garde chez elle afin qu’ils arrivent à les «nettoyer» du mauvais sort qu’on lui a jeté, chose que la victime se dépêche de faire.

Les escrocs lui demandent ensuite de tourner le dos afin qu’ils récitent des versets coraniques et chassent le mauvais sort des bijoux en or et l’argent. Ce n’est qu’après coup que la victime se rend compte qu’elle a fait l’objet d’escroquerie. Le policier de circulation s’approche d’eux sans attirer leur attention. Et il les arrête. Il alerte ses collègues de la PJ du district de la sûreté de Hay Hassani qui se dépêchent sur les lieux. Ils les conduisent au commissariat de Dar El Hamra pour les soumettre aux interrogatoires. Il s’avère qu’ils sont des repris de justice pour le même motif, que l’un d’eux fait l’objet de deux notes de recherche, l’une diffusée par la police de Rabat et l’autre par celle de Sidi Bernoussi, à Casablanca. L’enquête révèle également qu’ils ont un complice qui est actuellement recherché par la police.

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