Deux voyous violent une fille de 11 ans

Deux voyous violent une fille de 11 ans

Chambre criminelle près la Cour d’appel d’El Jadida. Les justiciables, les familles des mis en cause et les curieux rentrent rapidement à la salle d’audience.
Chacun souhaite avoir une place pour ne pas rester debout tout au long de l’audience.
Pas moins d’une heure, une dizaine de mis en cause a été conduite par des policiers vers le banc des accusés. Aussitôt, un brouhaha y règne. Les mis en cause profitaient de ces moments d’absence de la Cour pour converser à haute voix avec leurs familles. Les policiers, qui veillaient sur la sécurité de la salle, tentaient vainement de les calmer.
Seul le retentissement de la sonnette avisant la rentrée de la Cour a mis fin à ce vacarme. Tout le monde a pris sa place. L’attention est dirigée vers la Cour.
« Au nom de S.M le Roi, on ouvre l’audience », lance le président de la cour qui a ouvert le premier dossier.
Il a appelé le premier mis en cause à la barre. Il a ajourné son affaire à une audience ultérieure. Idem pour quelques autres accusés.
«Abderrahim et Ahmed…», a-t-il appelé quand il a ouvert le huitième dossier programmé pour cette audience.
Deux jeunes hommes se sont levés du banc des accusés et ont avancé de trois pas pour se tenir debout au box. Le président de la Cour a appelé ensuite, Souâd, et sa mère. Orpheline du père, la jeune fille a traîné ses pas derrière sa mère pour se tenir devant la Cour.
«Souâd est âgée de 11 ans ?», demande le président à la mère tout en regardant le dossier de l’affaire.
La mère a répondu affirmativement. En fait, à cause de sa taille, la jeune fille apparaissait plus grande que son âgé réel. Le président lui a demandé de sortir avec sa mère en dehors de la salle d’audience et d’attendre leur tour. «Abderrahim, tu es accusé d’attentat à la pudeur sur une mineure par violence. De même pour toi Ahmed…», leur a dit le président de la Cour qui les a sollicités de dire la vérité.
Selon le dossier de l’affaire, Abderrahim et Ahmed sont des amis, demeurant dans un douar situé dans la périphérie de la capitale de Doukkala. N’ayant pas dépassé le niveau primaire, ces deux célibataires travaillent dans les champs d’agriculture pour gagner leur vie et subvenir aux besoins de leurs familles. La plainte a été déposée par Souâd, soutenue par sa mère, les accusant de l’avoir violée.
«Je retournais chez moi après avoir fait une course…», raconte Souâd devant la Cour quand elle a été appelée à la barre pour raconter sa version.
«Tout d’un coup, Abderrahim et Ahmed ont croisé mon chemin… Abderrahim m’a tenu par la main avant que son ami soit parti», précise-t-elle.
Elle est restée seule en compagnie d’Abderrahim. Que voulait-il d’elle? Il lui a arraché son foulard, l’enfonce dans sa bouche pour l’empêcher de crier et la conduit vers un coin, loin des regards des passants qui peuvent les surprendre.
Sans pitié, il a passé à l’action. Les larmes aux yeux, Souâd regardait sa partie génitale vergetée de sang, qui se mélangeait à la boue de la terre. Quelques minutes plus tard, il l’a relâchée. Souâd est arrivée chez elle sans rien révéler à sa mère.
Et cette dernière n’a remarqué aucun changement.
Une semaine plus tard, elle a été croisée par Ahmed. Ce dernier la menace sans vergogne: «Soit tu couches avec moi soit que je divulgue tout ce qui s’est passé avec toi et Abderrahim aux habitants du douar…».
La menace porte ses fruits puisque Souâd lui a obtempéré. Ahmed récidive une deuxième fois et une troisième. Et Souâd n’a plus pu rester la bouche cousue. Elle a tout divulgué à sa mère. 
«Non, M. le président, tout ce qui a été écrit dans le procès verbal est faux, je ne l’ai pas dit…», a déclaré Abderrahim.
Ce dernier a précisé être la victime d’un coup monté par l’oncle maternel de Souâd.
«J’ai témoigné, moi et mon ami Ahmed contre lui à propos d’une habitation anarchique qu’il avait construite pas loin de la route…», a-t-il ajouté. Une déclaration qui a été confirmée par Ahmed.
Cependant, le procès verbal rédigé par la gendarmerie royale de la région évoque les aveux des deux mis en cause faisant état d’avoir couché avec la victime de son plein gré. Les contradictions dans leurs déclarations ont poussé la Cour à les condamner à des peines de prison. Abderrahim a écopé de cinq ans de réclusion criminelle et Ahmed de quatre ans de prison ferme.

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