Dix ans de prison pour viol

Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Au box des accusés, Mounir, âgé de 26 ans, ne manifestait aucun signe d’inquiétude. «Elle m’a accompagné de son plein gré chez moi, M. le président et je lui ai donné 70 dirhams», a-t-il déclaré devant la cour. Aïcha, 32 ans, divorcée, était debout, les yeux hagards, ne sachant quoi dire. Perturbée, elle regardait l’assistance, comme si elle était à la cherche de quelqu’un. «Non, M. le président, je ne suis pas une prostituée ! », a-elle lancé voulant se défendre. 
Selon les déclarations inscrites au procès-verbal, Aïcha, qui demeure à Hay Mohammadi, a quitté sa demeure le matin et elle n’y est retournée que vers 19 h. Depuis qu’elle n’est plus mariée, elle a commencé à travailler dans une unité industrielle du quartier Aïn Sebaâ pour subvenir à ses besoins. Son mariage n’a duré que deux ans et après le divorce, elle s’est retrouvée seule.
Le jour du drame (au mois de novembre), elle venait de descendre du bus, quand elle a croisé Mounir. Il faisait déjà nuit à 19h. Mounir s’est mis à la suivre. Remarquant qu’il n’y avait personne dans les parages, il a brandi un couteau qu’il dissimulait sous ses vêtements. Terrifiée, Aïcha a tenté de s’enfuir. Mais Mounir était plus rapide et il l’a rattrapée par les cheveux. Il lui a ordonné de ne pas crier et de le suivre au péril de sa vie. Et sous la menace du couteau, il l’a conduite à l’intérieur d’une baraque où il n’y avait qu’un divan et une petite table. Obéissant à celui qui l’a séquestrée, elle s’est dévêtue, a fermé les yeux et a cédé son corps à son ravisseur. Mounir la frappait à chaque fois qu’elle refusait un de ses ordres.
Deux heures plus tard, il lui a jeté ses vêtements sur le visage en l’insultant et la menaçant de se venger si elle ose le dénoncer à la police. Aïcha est retournée chez elle. Elle a passé une nuit blanche en repensant à ce qu’elle venait de vivre et s’est mise à pleurer. Le lendemain matin, direction le poste de police. Elle a porté plainte contre son violeur et ce dernier a été rapidement arrêté, étant un repris de justice. Mounir a continué à clamer son innocence. Mais, il n’a pas pu convaincre la Cour qui l’a reconnu coupable pour kidnapping, séquestration et viol et l’a condamné à dix ans de réclusion criminelle.

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