Elle mutile le sexe de son agresseur

Nous sommes à la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Fès. La salle d’audience était archicomble. Au banc des accusés, se tenait Jamila, en djellaba couleur orange et foulard gris. Elle fut appelée par le président de la cour : «Tu es accusée de coups et blessures ayant entraîné une infirmité permanente…», lui a rappelé le magistrat qui consultait les feuillets du procès-verbal ouvert devant ses yeux.
Jamila le regardait sans dire mot. Le magistrat a reposé la même question une seconde fois. Et Jamila est partie en sanglots. Le président de la Cour l’a sollicitée de se calmer et l’a rassurée qu’il rendrait à César ce qui appartient à César. Que lui est-il arrivé ?
Jamila qui n’a jamais fréquenté une école, a grandi dans une famille d’agriculteurs dans un douar situé dans les régions de la capitale spirituelle. Etant l’aînée de sa famille et n’ayant que des sœurs inscrites à l’école, elle se chargeait du troupeau. Elle sortait le matin pour ne retourner chez elle, qu’au crépuscule. D’ailleurs, au douar, elle n’était pas la seule jeune femme qui vivait cette pénible situation.
Hassan, était séduit par elle.  Qui est-il ? C’est un garçon qui a quitté très tôt les bancs de l’école pour cultiver les  terres de ses parents et surveiller le  troupeau. Il est originaire du même douar que Jamila. Et ils se croisaient quand leurs troupeaux pâturaient. Au fil du temps, ils commençaient à se familiariser entre eux, à se tenir dans un coin pour converser, rigoler et rire…Hassan a commencé à l’aimer. Il a tenté de lui exprimer ses sentiments. Il ignorait s’il s’agissait du vrai et du grand amour ou uniquement d’un coup de foudre qui allait se dissiper après un moment de plaisir. Mais, il n’a pas osé.
Mais que pensait Jamila de lui ?
«Je le considérais comme mon frère, M. le président…», a-t-elle affirmé à la Cour. Elle a confirmé à la Cour qu’ils passaient des moments à causer et à bavarder au moment où leurs troupeaux pâturaient, qu’il ne lui avait jamais parlé d’amour ou de sentiments, qu’elle le considérait comme son frère.
Le jour J, ils se trouvaient ensemble, au même coin, bavardant comme à l’accoutumée, quand Hassan a commencé à la toucher. Elle lui a demandé de s’arrêter.
«Mais, je t’aime…», lui a-t-il dit en se jetant sur elle.
Jamila a reculé. Mais, il l’a poussée violemment. Elle s’est renversée. Il a tenté de l’immobiliser pour lui retirer sa jupe, mais elle a réussi à se libérer. Elle s’apprêtait à s’enfuir, mais il l’a rattrapée. C’est à ce moment là où elle a brandi un couteau qu’elle utilisait pour couper l’herbe. Et elle lui a asséné un coup rapide au niveau de son appareil génital. Elle a mutilé son sexe. Un acte qui lui a coûté un an de prison ferme.

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