Elle se tue pour éviter un mariage forcé

Elle se tue pour éviter un mariage forcé

Elle s’appelle Fatima. Elle n’a pas plus de dix-huit ans. Son niveau scolaire ne dépasse pas le primaire. Et elle chôme depuis qu’elle a quitté l’école. Elle ne s’intéresse qu’aux tâches domestiques.
Nous sommes à Berkane. C’est dans quartier Takaddoum, connu communément sous le nom d’Al Harcha, que Fatima réside avec ses parents. En fait, elle semble être tranquille puisqu’elle ne se plaint de rien. Ses parents la couvrent d’affection. Mais, à l’instar de tous les parents, ils rêvent d’elle  vivante sous le toit d’un foyer conjugal avec un mari qui l’aime, qui en prenne soin et qu’elle ait des enfants qui égaient son foyer. Quand elle était à son seizième printemps, un jeune homme est venu la demander en mariage. À ce moment, Fatima n’avait pas d’avis, pas de position à propos de sa propre vie et ses choix. Ce sont ses parents qui décidaient. Ils ont accepté. Mais, puisqu’elle était encore mineure, l’acte de mariage ne devait pas être établi. Le fiancé est disposé à attendre qu’elle atteigne l’âge légal pour le mariage, à savoir dix-huit ans. Cependant, il ne se doutait pas qu’une personne de seize ans ne serait pas la même quand elle en aura dix-huit. Arrivée à son dix-huitième printemps, Fatima semble être effectivement apte à prendre les décisions qui concernent sa propre vie. Elle refuse d’être l’épouse du jeune qui est venu, il y a deux ans, demander sa main pour le mariage. En aime-t-elle un autre ? Pour elle, peu importe la réponse puisqu’elle n’a jamais aimé ce jeune homme. Ce qui est important pour elle c’est qu’elle ne veut pas être son épouse ni vivre en sa compagnie sous le même toit et partager avec lui quoi que ce soit. Pour elle, il est un étranger et il le restera à jamais. Malheureusement, ses parents n’ont pas l’intention de respecter son choix. Ils décident à sa place de la marier à notre jeune. Une décision qui la pousse à faire un choix horrible : se donner la mort. Mercredi 7 février, elle rentre à la douche et avale trois capsules d’un raticide. Transportée aux urgences de l’hôpital Darrak, elle a rendu l’âme, le lendemain, jeudi 8 février. Samedi, elle a été enterrée par ses parents qui ont regretté de ne pas avoir respecté son choix.

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