En plein jour de Ramadan, un sexagénaire abuse d’un mineur

En plein jour de Ramadan, un sexagénaire abuse d’un mineur

Nous sommes à M’rirt, une ville du Moyen-Atlas située à trente kilomètres au nord de Khenifra. Vers 11h du matin de ce dimanche 5 septembre, le vingt-cinquième jour du mois de Ramadan, la souika grouillait de monde. Une activité commerciale intense, un tapage qui assourdit les oreilles, le marchandage est partout à la souika entre les marchands et leurs clients. D’abord parce que c’est un jour de repos, ensuite parce que c’est Ramadan et enfin parce que pour tout le monde c’est à une semaine de l’Aïd El Fitr. Tout d’un coup, une femme est arrivée en courant, la sueur coulait de son front comme si elle participait à un marathon. Quelques voisines la suivaient et tentaient de la calmer. Qu’est-ce qui lui est arrivé ? Pourquoi courait-elle à destination de la souika comme une folle ? Un commerçant et un artisan lui ont confié avoir vu un marchand qui abusait de son fils. En fait, elle n’a pas cru, au début, ses oreilles. Comment un commerçant, sexagénaire, ami de son époux, en plein jour de Ramadan, est-il arrivé à abuser d’un enfant, encore mineur ? Comment un homme qui ne manquait jamais les cinq prières pense-t-il commettre un tel crime contre un enfant ?
L’information a fait le tour de la souika. Tout le monde a rejoint la mère pour s’assurer que ce qu’ils avaient entendu est vrai. L’enfant qui se préparait pour reprendre, dans quelques jours, ses études à la sixième année d’enseignement fondamental, était encore au commerce du sexagénaire, celui-ci ne croyait pas être surpris en flagrant délit d’abuser d’un enfant de douze ans. La mère a commencé à crier, à demander à son enfant de la rejoindre, à demander aux badauds d’alerter la police et de ne pas permettre au marchand de prendre la fuite. Un marchand de la souika a composé le n° 19 et a appelé la police. Tout d’un coup, les éléments d’une brigade criminelle se sont dépêchés sur les lieux. Ils ont remarqué quelques marchands qui protégeaient le sexagénaire. Sinon, les badauds l’auraient maltraité et l’auraient lapidé de projectiles jusqu’à sa mort. Parce que personne n’a jamais conçu le fait qu’un père de famille donnant l’impression d’être pieux, ne manquant jamais ses cinq prières, jouissant d’une bonne réputation, apprécié par tout le monde, puisse violer l’enfance. Le père de l’enfant qui n’était pas chez lui les a rejoints. Il demandait aux policiers de lui permettre de tuer l’homme qui a violé son enfant et son amitié. Tout le monde savait qu’ils étaient des amis depuis belle lurette. C’est pourquoi il a gagné la confiance de l’enfant qui n’a pas hésité à l’accompagner à l’intérieur du commerce et lui céder contre quelques dirhams. Arrêté, le commerçant sexagénaire n’a pas nié son crime. D’abord, il ne pouvait pas le nier puisque des témoins, quelques clients et commerçants, l’ont surpris en pleine action. Pourquoi a-t-il commis son forfait ? Le commerçant n’avait pas de réponse. Rien ne l’obligeait à abuser d’un mineur et en plein jour de Ramadan. Et pourtant, il a affirmé aux enquêteurs qu’il jeûnait. Mardi 7 septembre, ce père de famille, sexagénaire, a été traduit, en état d’arrestation, devant le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Khenifra qui a fixé une première audience pour le jeudi 9 septembre. Seulement, tout le monde s’interroge sur le fait de traduire ce mis en cause devant la chambre correctionnelle comme s’il avait commis un délit, alors qu’il s’agit d’un crime qui devait être statué devant la chambre criminelle.

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