Fin tragique pour des fiançailles

Fin tragique pour des fiançailles

Nous sommes le vendredi 13 avril 2007. La salle d’audience à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat est archicomble. Le président a ouvert la séance en appelant les mis en cause, qui comparaissent pour la première fois devant la cour.
«Abdellah…», appelle le président de la cour.
Vêtu d’un pantalon en jean et d’un tricot gris, un jeune homme, qui s’était assis au banc des accusés, avance vers le box.
Abdellah est né en 1978 au douar Aït Haddou Messaoud, région d’El Kansera, province de Khemisset. À son septième printemps, il est rentré à l’école.
Abandonnant très tôt les bancs de l’école, avant même de terminer l’enseignement de base primaire, il s’est retrouvé dans le gouffre de l’oisiveté. N’ayant rien à faire, il passait son temps à bavarder avec d’autres garçons du douar.
Cette situation ne dure pas longtemps: il quitte le douar pour s’installer dans la ville de Khemisset.
Il a commencé à travailler dans les chantiers de construction. De temps en temps, il rendait visite à sa famille.
Au fil des années, il est devenu un professionnel en construction de bâtiments. Ambitieux, Abdellah travaille dans d’autres villes pour bien gagner sa vie et subvenir à sa famille.
En 2000, quand il est retourné à son douar pour rendre visite à sa famille à l’occasion de l’Aïd El Fitr, il a croisé sur son chemin une belle fille, Fatima.
C’était le coup de foudre. Séduit par la beauté de la jeune fille, il la suivait de ses regards scrutateurs. Une fois rentrée, il en parle à sa mère. Celle-ci lui a demandé d’oublier cette fille qui, selon elle, ne pourra assumer la responsabilité d’une femme au foyer.
Pourquoi ? Sa mère ne lui a rien expliqué. Bref, la réponse de sa mère est restée une énigme.
Entre temps, il n’a pas hésité à parler à Fatima quand il l’a croisée dans la rue. Celle-ci lui a exprimé sa joie d’être sa future épouse.
Abdellah était très heureux d’avoir enfin la bénédiction de sa mère. Les fiançailles ont été célébrées. Abdellah a promis à sa fiancée et à sa famille de célébrer la nuit de noces d’ici une année. Seulement, les douze mois sont devenus vingt-quatre, puis trente-six, ensuite quarante-huit. Abdellah n’a pas pu amasser l’argent qu’il faut pour convoler en justes noces.
Ainsi, Fatima a décidé de rompre ses fiançailles. Très amoureux d’elle, Abdellah, l’a suppliée à maintes reprises de renoncer à sa décision. Mais en vain. «C’est une décision finale», lui-a-t-elle expliqué. Une décision qui déplaît à Abdallah. Devenu violent et agressif, il l’a menacée de meurtre si elle pense se marier avec une autre personne.
Ces menaces ont obligé Fatima à se réfugier chez un membre de sa famille à Sidi Slimane. Tandis que Abdellah, il a regagné Rabat pour travailler dans un chantier de construction. Quand il a appris que sa bien aimée est retournée au douar, il a emballé ses bagages pour la rejoindre. Quand il est arrivé au douar, il a commencé à guetter Fatima. Quelques jours plus tard, il a appris que ses parents ont voyagé à Meknès. Elle est restée chez elle en compagnie de sa sœur, âgée de neuf ans. Cette dernière était au seuil de la maison quand Abdellah lui a demandé d’appeler Fatima. Que voulait-il? Fatima ne savait rien. «Je veux que tu me donnes une autre chance», lui a-t-il dit. Elle lui a répondu que sa décision était finale et qu’elle se prépare à se marier avec une autre personne. Sans lui permettre de terminer ses paroles, il s’est jeté sur elle pour lui asséner sept coups de couteau. Fatima s’est écroulée devant les regards de sa petite sœur. Abdellah n’a pas bougé de sa place en attendant les éléments de la Gendarmerie royale. Il leur a avoué son crime avant d’être traduit devant la justice.
Ce vendredi 13 avril, le président de la Cour, a reporté l’affaire d’Abdellah en attendant qu’il constitue un avocat pour sa défense.

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