France : «Le cannibale de Rouen» écope de 30 ans de prison

Nicolas Cocaign, âgé de 39 ans, était jugé pour avoir tué son codétenu puis mangé une partie de son poumon en janvier 2007 à la prison de Rouen. «L’horreur n’est pas synonyme de folie», avait fait valoir jeudi matin l’avocate générale Elisabeth Pelsez en réclamant 30 ans de prison, assortis d’une peine de sûreté de 20 ans avec suivi socio-judiciaire et injonction de soins. «On ne juge pas les fous», avait pour sa part plaidé l’avocat de la défense, estimant que son client n’était pas pénalement responsable. Avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, l’accusé avait pris la parole une dernière fois pour présenter ses excuses à la famille de la victime, Thierry Baudry. «Les faits sont bien imputables à  M. Cocaign», a souligné l’avocate générale Elisabeth Pelsez dans son réquisitoire de plus d’une heure jeudi matin. «Sa responsabilité pénale est donc engagée». Après avoir retracé l’enchaînement des faits, elle a estimé que «l’horreur n’est pas synonyme de folie». Selon elle, «un homme qui bascule dans l’horreur n’est pas forcément atteint de folie». Elisabeth Pelsez a ensuite demandé aux jurés de prendre en compte les faits et de prévenir de la récidive lorsqu’ils devront énoncer la peine. «J’aurais pu retenir la réclusion criminelle à perpétuité, mais j’ai entendu les experts qui ont expliqué que l’altération de son discernement devrait être retenu. Sa place est donc en prison mais il devra être soigné». En début d’après-midi, l’avocat de Nicolas Cocaign, Me Fabien Pichiottino, a plaidé l’irresponsabilité de son client et demandé son internement en hôpital psychiatrique. Il s’est d’abord adressé à la mère de la victime. «Mme Baudry, il a tué votre fils parce qu’il est fou, je suis peiné de ce qui vous arrive. Ce qu’il a fait, ça m’horrifie». Pendant plus de trois quarts d’heure, l’avocat de la défense a tenté de démontrer aux jurés que son client n’était pas pénalement responsable. «On ne juge pas les fous, il faut que la raison l’emporte aujourd’hui, ne vous laissez pas avoir par l’horreur de ce crime».  Avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, Nicolas Cocaign a regardé la mère, les trois sœurs et le frère de la victime. «Je voudrais m’excuser auprès de la famille Baudry, s’ils acceptent mes excuses», a-t-il dit.

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