France : prison à vie pour le serial killer «Pierrot le fou»

En rejetant son pourvoi dans une décision rendue mercredi, la Cour de cassation a «verrouillé» pour 30 ans toute possibilité d’aménagement de peine ou de libération anticipée pour ce criminel âgé de 63 ans qui a déjà passé plus de la moitié de sa vie en prison ou en hôpital psychiatrique et qu’on a surnommé «Pierrot le fou». Malgré ses dénégations constantes, Bodein est ainsi jugé définitivement coupable du meurtre d’Hedwige Vallée, 38 ans, de l’enlèvement, de la séquestration, du viol et du meurtre de Jeanne-Marie Kegelin, 10 ans, et de l’enlèvement, de la séquestration, du viol et du meurtre de Julie Scharsch, 14 ans. Les corps des deux petites filles et de la jeune femme au physique d’adolescente avaient été retrouvés sauvagement mutilés dans la région du bas-ventre, en juin et juillet 2004, dans différents ruisseaux du centre de l’Alsace. Vite soupçonné en raison de ses antécédents, Bodein avait été confondu par ses empreintes génétiques, tout en criant au complot. À ces crimes qui avaient horrifié la France entière, Bodein avait ajouté deux tentatives d’enlèvement, le tout commis en l’espace de trois mois, alors qu’il bénéficiait d’une liberté conditionnelle, au printemps 2004.Condamné le 2 octobre 2008 en appel par la Cour d’assises du Haut-Rhin, Pierre Bodein a formé un pourvoi en cassation. La peine maximale avait été infligée au multirécidiviste en 2007 en première instance par la cour d’assises du Bas-Rhin, lors d’un procès-fleuve d’une durée de trois mois. En 1971, un psychiatre le juge sain d’esprit. Cinq ans plus tard, on le retrouve dans un «état de mutisme total», atteint de «schizophrénie catatonique». En décembre 1992, il s’évade du centre psychiatrique d’Erstein (Bas-Rhin) où il était, selon les experts, dans un «état totalement régressif». En 1994, jugé devant les assises du Haut-Rhin pour cette cavale sanglante, il gagne le surnom de «Pierrot le fou» en paraissant agité et en proférant des propos incohérents en alsacien. Deux ans plus tard, lors du procès en appel, il est extrêmement prolixe et s’exprime désormais en français.

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