France : un violeur remis en liberté suite à l’erreur d’un juge

Une grossière erreur a été commise par une juge des libertés et de la détention (JLD) et par sa greffière. Par distraction ou par manque d’expérience, dans un local du week-end qui n’était pas leur bureau habituel et avec, pour ne rien arranger, des problèmes informatiques, elles avaient confondu le formulaire qu’on utilise habituellement pour le placement en détention provisoire prélude à une comparution immédiate, avec celui qui sert lorsque la privation de liberté s’inscrit dans le cadre d’une information judiciaire. Une feuille de papier, cela peut sembler anodin pour un profane, mais c’est apparemment d’une gravité extrême, puisqu’à cause de cette bévue purement matérielle, un violeur réputé très dangereux, Didier F…, 41 ans, a dû être aussitôt remis en liberté ! Il avait été appréhendé dimanche, à son domicile de Bar-lès-Buzancy, par les gendarmes du Chesne et déféré devant une magistrate. Laquelle avait ouvert une information judiciaire à l’issue de son audition, car il avait intégralement reconnu les faits reprochés. Après quoi, la JLD lui avait délivré le fameux formulaire pour son admission à la prison de Châlons-en-Champagne. Or, lundi matin, il a suffi d’un seul coup d’œil sur les dossiers du week-end, pour que la juge d’instruction Anne de Pingon, prenne la mesure du désastre. Et qu’elle s’emploie alors, toute affaire cessante, à corriger le tir. En ordonnant, n’ayant pas d’autre choix, avec l’accord du parquet et à contrecœur, la remise en liberté de Didier F… détenu « sans droit ni titre » depuis plusieurs heures déjà. Une affaire d’autant plus détestable, qu’il s’agit d’un homme qui a admis avoir violé sa fille aujourd’hui âgée de 15 ans, à plusieurs reprises, depuis ses 13 ans, jusqu’à la semaine dernière encore. Et qu’il est décrit comme « dangereux et pervers » par les experts qui l’ont examiné, présentant le risque d’une récidive dont toute la responsabilité retomberait donc sur l’institution judiciaire, si elle survenait aujourd’hui. Heureusement, il n’est pas libre d’aller et venir comme bon lui semble, puisqu’en attendant que la procédure soit reprise de zéro, il lui a été imposé un très strict contrôle judiciaire.

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