Guatemala : défigurée, elle retrouve un nouveau visage au Mexique

«Il m’a attaquée en juillet 2009», explique-t-elle à l’AFP en cachant sous un masque chirurgical sa bouche sans lèvres et un trou à la place du nez. On ne voit que ses beaux yeux marrons et son front, gonflé artificiellement pour étirer sa peau et prélever des greffons. Elle était employée de maison dans son petit village du Guatemala, son mari l’avait quittée et s’est mis en colère quand elle a demandé une pension alimentaire pour leur fils de quatre ans. «Il m’a cherchée, il voulait revenir. Il m’a dit «Mindi, je t’aime», poursuit-elle. Elle ne voulait pas, et il l’a frappée à la tête. Elle a perdu connaissance et se souvient seulement d’un couteau qui lui entaillait la face. Elle n’a su que plus tard qu’il avait aussi essayé de la noyer dans la rivière. Elle s’est réveillée, nue, une bouillie sanglante en guise de visage: «j’ai cru que c’était un cauchemar». Elle a été soignée, sur place d’abord puis dans un hôpital de la capitale. L’épouse du président guatémaltèque, Sandra Colom, dont la Fondation lui était venue en aide, a personnellement ordonné son transfert au Mexique, à l’Hôpital public Manuel Gea Gonzalez, une référence mondiale en matière de chirurgie craniofaciale.Depuis, onze greffes de ce type ont réussi à travers le monde. Mais une transplantation totale serait trop difficile, trop compliquée dans le cas de Mindi, laisse-t-il entendre… D’où le choix des auto-greffes. Et d’une peau à la texture et à la couleur comparables à celles des zones lésées, pour éviter l’apparence d’une «rustine», explique encore le chirurgien: le front est gonflé de l’intérieur par une espèce de ballon et «la peau s’étire, comme au cours d’une grossesse». L’excédent de peau servira à reconstruire le nez, dont le cartilage sera prélevé ailleurs dans le corps. «Ce sera une amélioration très importante, compatible avec la vie en société, et sans l’obligation de médicaments», souligne le Pr Ortiz-Monasterio. Ce traitement coûterait toutefois des centaines de milliers de dollars dans une clinique privée, tandis que l’Hôpital Manuel Gea Gonzalez ne facture que des médicaments, du matériel et… moins de 10 dollars par jour pour la chambre. Mindi reprend espoir.

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