Hicham, 14 ans, tue un enfant de 8 ans

Nous sommes le mercredi 2 avril. Les élèves n’avaient pas classe. Ils étaient en vacances depuis le vendredi 28 mars. Ils n’avaient  repris leurs cours que le lundi 7 avril. De coutume, ils profitaient des jours de vacances pour apprendre leurs leçons, jouer, bavarder, rigoler… Daoud, un enfant âgé de huit ans et élève en troisième année d’enseignement fondamental, ne faisait pas l’exception. Seulement, il ne fréquentait que rarement ses amis du quartier. Pourquoi ? Il était l’unique garçon parmi trois sœurs. Chez lui, on lui accordait une importance particulière. Sa mère, femme au foyer et son père, policier à la  retraite prenaient soin de lui. Il était 17 h ce mercredi.
Le père de Daoud, après sa retraite, gagnait sa vie dans le transport en commun. La mère du petit garçon n’était pas à la maison ce jour-là. Seuls les trois sœurs et Daoud étaient présents. Ils attendaient leurs parents pour fêter l’anniversaire de Daoud qui est né le 2 avril 2000. Tout d’un coup le jeune garçon est sorti de la maison. Il a rejoint quelques enfants du quartier pour jouer avec eux. Un laps de temps plus tard, une pierre a été jetée sur la porte d’une famille du quartier. Qui l’a jeté? Les enfants ont mis l’index sur Daoud. Est-il vraiment l’auteur de ce jet de pierre ? Daoud a nié. Et pourtant, la femme qui y habite s’est adressée à lui et a tenté de le maltraiter. Daoud s’est enfui et est rentré chez lui. La femme l’a suivi jusqu’à la maison en l’injuriant. La benjamine des trois sœurs, âgée de treize ans, a rejoint la femme et a commencé à échanger avec elle l’invective au point que l’une a traité l’autre de délinquante et la dernière a traité la première de prostituée. Les voisins sont intervenus et chacune est rentrée chez elle. Tout le monde pensait que cet incident routinier dans un quartier comme Al Massira avait pris fin. La famille a fini par célébrer en fin de  journée l’anniversaire du petit Daoud.
Le lendemain, jeudi 3 avril vers 10 h du matin, Daoud est sorti pour rejoindre ses amis du quartier. Il devait retourner, vers midi, chez lui pour déjeuner. Malheureusement, il n’a pas donné signe de vie. Ses sœurs se sont lancées à sa recherche. «Il est rentré chez Hicham…», leur confié un enfant qui jouait avec lui. Qui est Hicham ? C’est l’enfant de la femme qui a tenté, la veille, de maltraiter Daoud parce qu’il aurait jeté une pierre sur la porte de sa maison. Inquiétées, les trois sœurs ont frappé à la porte. Personne ne voulait ouvrir. Alertée, la police s’est dépêchée sur les lieux. La porte a été ouverte. Et Daoud a été découvert corps sans âme, égorgé par un couteau. Qui l’a tué? «C’est moi…», a répondu Hicham. Pourquoi? «Je ne sais pas comment Daoud est rentré chez moi. J’ai cru qu’il s’agissait d’un brigand et je l’ai poignardé…», a-t-il justifié son acte criminel. Une justification inconcevable. Le juge d’instruction près la Cour d’appel de Salé cherchera, lundi 21 avril, le vrai mobile du crime.

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