Il assassine pour défendre son honneur

«J’étais ivre, M. le président, j’ignorais ce que je faisais !», s’exclame Nabil pour justifier son acte criminel. Il ignorait que l’ivresse ne pouvait pas justifier, aux yeux de la loi, ni un délit ni un crime.
La scène se passe à la salle d’audience de la Chambre criminelle, premier degré, près la Cour d’appel à Casablanca. Âgé de 28 ans, Nabil n’imaginait pas qu’un jour il serait devenu criminel. Il rêvait d’un bel avenir. Mais les circonstances semblent avoir décidé autrement. Fils d’une famille moyenne, composée du père, de la mère et de trois enfants dont une seule fille, Nabil a été bien éduqué et bien élevé. Il jouissait d’une bonne réputation dans son quartier au point que personne ne pouvait croire qu’il pouvait perpétrer un crime qui lui coûterait une bonne partie de sa vie derrière les murailles de la prison. Quand il a décroché sa licence en droit privé, il rêvait d’être commissaire de police ou magistrat. Malheureusement, il n’a pas trouvé d’emploi et au lieu d’essayer de trouver le moyen d’accéder à son rêve de défenseur de la loi, il a choisi une voie contradictoire en arpentant le chemin des hors-la-loi. Le chômage l’a encouragé à fréquenter les jeunes de tout type. Avant, il était préoccupé par ses études au point de ne pas trouver le temps de faire la connaissance des jeunes hors de l’enceinte de la Faculté des sciences sociales, économiques et juridiques à Casablanca. Dès qu’il a commencé à fréquenter ses voisins du quartier, il a pris l’habitude de boire de l’alcool et parfois à se droguer. Il y en a trouvé un refuge qui lui permettait d’oublier sa situation amère.
Le jour du crime, Nabil était en compagnie de Mohamed. Ce jeune de 25 ans a quitté l’école dès le niveau primaire. Depuis, il a commencé à gagner sa vie en s’adonnant parfois au commerce clandestin ou encore en travaillant dans une usine. Contrairement à Nabil, Mohamed est un bagarreur sans pitié, cruel, ivrogne et drogué depuis son adolescence.
Ils s’enivraient tous les deux. Quand Mohamed a perdu la tête, il a commencé à délirer : «Ta sœur est belle, je rêve d’être en sa compagnie sur le même lit». Nabil n’a pas cru ses oreilles et sa colère s’est amplifiée. Croyant que son honneur est bafoué, Nabil a asséné un coup de poing à Mohamed. Ce dernier s’est renversé par terre. Il s’est relevé pour tenter de trouver son équilibre. Une fois sur ses pieds, il a brandi un couteau qui était dissimulé sous ses vêtements. Il a avancé vers Nabil qui reculait. Profitant de l’état de son agresseur, Nabil lui a donné un coup de pied. Mohamed est tombé, mais n’a pas pu se relever, cette fois-ci. Sa tête s’est cognée au trottoir. Du sang coulait à flot. Quand les éléments de la Protection civile sont arrivés pour évacuer Mohamed vers les Urgences de l’hôpital, il était déjà mort. Nabil a été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. 

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