Il cambriole vingt-deux appartements avant de se faire prendre

Abdelkrim El Mahfoudi, à l’allure tout à fait ordinaire, est, pour la police casablancaise, «un cambrioleur professionnel hors du commun». Un professionnel qui s’est fait prendre tout de même, puisque le crime n’est jamais parfait. Abdelkrim a oublié la mallette noire contenant tous les outils qui lui étaient nécessaires pour ouvrir la porte des appartements qu’il cambriolait. Ce n’est pas vraiment cet oubli qui lui a coûté cher, cette fois-ci, mais ses empreintes. Prélevées dans le dernier appartement de son palmarès, puis analysées par le laboratoire scientifique de la police, elles ont révélé son identité. Il n’est pas un inconnu de la justice.
Né en 1960 à Khouribga, Abdelkrim est marié et demeure au quartier Derb Sultan. Il ne restait plus à la brigade de la police judiciaire du district d’Anfa que d’organiser une surveillance jour et nuit devant la demeure où il réside. Et la stratégie a porté ses fruits. La P.J a mis la main sur Abdelkrim. Lors d’une perquisition dans son appartement, la police a découvert que le cambrioleur se payait le privilège de vivre dans le plus grand confort. À qui appartient cet appartement ? «Il est à moi…J’en suis le propriétaire !», a-t-il lancé aux enquêteurs. Il l’a effectivement acheté pour une somme de 540.000DH, payée cash ! La P.J a saisi plusieurs bijoux en or et en platine, dont des chaînes, des broches, des bracelets, des pendentifs, des bagues, des attaches manches et cravates, des colliers, des boucles d’oreilles, des épingles, ainsi que deux ordinateurs portables, quatre appareils photos, une caméra, deux récepteurs numériques, trente et une montres de différentes marques, treize flacons de parfums signés, deux pistolets artisanaux, dix stylos de luxe…
La liste des objets saisis est encore longue. Conduit dans les locaux de la préfecture de police du boulevard Zerktouni, Abdelkrim a été soumis à l’interrogatoire. Il a avoué avoir cambriolé pas moins de vingt-deux appartements à Casablanca, Khouribga, El Jadida et Tanger. Il a affirmé qu’il ciblait les appartements situés dans des immeubles huppés où se trouvaient des cabinets d’avocats, de médecins ou des siège de sociétés. Ce qui lui permettait aussi de ne pas attirer l’attention des concierges. Il opérait seul sans complice, entre 14 et 17h, avec toujours à la main une mallette noire pour ordinateur portable où il cachait un pied de biche et une serviette en coton.
Une fois devant l’appartement ciblé, il sonnait. Si personne ne répondait, cela voulait dire qu’il pouvait passer à l’action sans problème. Il commençait par ouvrir la porte au moyen du pied de biche, en utilisant simultanément la serviette en coton qui amortit et étouffe tout bruit pouvant attirer l’attention des voisins.
Une fois la porte ouverte, Abdelkrim se dirigeait directement vers la chambre à coucher et ouvrait l’armoire pour mettre la main sur l’argent et tous les bijoux. Pour chaque opération, il ne dépassait pas un quart d’heure.
L’enquête policière a permis, également, l’arrestation de quatre receleurs chez lesquels ont été saisis plusieurs objets volés par Abdelkrim.
Par ailleurs, les enquêteurs ont découvert que ce dernier a déposé 138.000DH, une somme qu’il avait subtilisée lors de ses cambriolages, au compte bancaire de son épouse.

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