Il la quitte, elle le tue

Il la quitte, elle le tue

Jeudi 13 avril, à Casablanca. Un jeune adolescent conduisait, dans l’après-midi, quelques moutons vers une petite décharge située pas loin du cimetière islamique à Sidi Moumen, dans la grande métropole économique. Un bâton à la main, il marchait lentement en scrutant l’horizon. Un moment plus tard, il s’est arrêté net, l’air ébahi. Il est resté immobile pendant un certain moment avant de se lancer comme une flèche. Qu’a-t-il vu ? Le cadavre d’un jeune homme, gisant dans une mare de sang.
Il s’est adressé aux passants pour demander les secours. Les badauds se sont attroupés autour du cadavre. La nouvelle a été répandue dans la région comme une traînée de poudre.
Le commissariat de police d’Anassi a été avisé. Une brigade s’est dépêchée sur les lieux et a entamé les premiers constats d’usage : le cadavre est celui d’un jeune homme, relativement bien habillé et portant une chaîne en or. Il présente une blessure au niveau de sa cuisse droite et deux autres à la cuisse gauche. Dans ses poches, les éléments de la brigade de la police d’Anassi ont trouvé un portefeuille.
Ce dernier renfermait les papiers du défunt dont sa carte d’identité nationale et une somme de 430 dirhams. Ce qui a permis aux enquêteurs d’identifier d’abord le défunt et d’écarter la piste du vol. Il s’agit de C. L, né en 1979, célibataire et qui ne demeure pas loin du lieu de la découverte de son cadavre. 
Par ailleurs, le cadavre a été évacué à l’institut médico-légal pour l’autopsie. Cette dernière a révélé que la mort aurait eu lieu au moins dix heures avant la découverte du cadavre et qu’elle est survenue suite à une hémorragie intensive. Selon le rapport établi par les experts médicaux, la blessure de la cuisse droite est très profonde. Elle est de trois centimètres et demie de profondeur. Entre-temps, les enquêteurs menaient leurs investigations. L’enquête a révélé que la victime n’a pas passé la nuit chez lui. D’après les témoignages recueillis, la victime entretenait une relation amoureuse avec une jeune femme âgée de trente-six ans nommée Fattouma. Est-elle l’auteur du crime ?
Interrogée par la police, elle a avoué être la meurtrière. Quelles sont les raisons qui l’ont poussée à commettre cet odieux crime surtout que la victime est son amant ?
« Je n’ai jamais pensé lui faire du mal. Et encore moins le tuer. Je l’aime à la folie», a-t-elle confié, la voix nouée par l’émotion.
Leur relation amoureuse remonte à plus de trois ans. Elle s’est attachée à lui bien qu’elle soit son aînée de neuf ans. Pour qu’il reste avec elle pour toujours, elle lui a donné tout ; son argent, son corps et a risqué pour lui sa propre réputation. Elle ne lui refusait rien y compris la sodomie. Ils passaient leurs moments intimes soit chez un ami, soit à la belle étoile, juste à côté du cimetière. C’est là qu’ils se sont rencontrés mercredi 12 avril, la veille de la découverte du cadavre de la victime, vers 21 h.
Quelques jours plus tôt, il lui a annoncé la mauvaise nouvelle. Il veut rompre sa relation avec elle. Une décision que Fattouma n’a pas bien digérée.
Elle a cherché à savoir les raisons. C. L a entrepris une nouvelle relation amoureuse avec une jeune fille. Il veut l’abandonner pour une autre femme.  En se jetant sur ses pieds, Fattouma l’a supplié de renoncer à sa décision. En vain. La semaine dernière, elle lui a donné rendez-vous près du cimetière pour en discuter. Elle lui a encore une fois fait des reproches. Pour ne pas le perdre, elle l’a supplié de rester avec elle. En vain. 
Une bagarre éclate entre eux. Fattouma a fait sortir un couteau qu’elle dissimulait sous ses vêtements et lui a assené un premier coup violent dans sa cuisse droite, puis deux autres au niveau de sa cuisse gauche avant de s’enfuir.
En rentrant chez elle, elle s’est plongée dans un sommeil profond comme si rien ne s’était passé. Dimanche 16 avril, Fattouma a été traduite devant la Cour d’appel de Casablanca pour homicide volontaire.

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