Il met le feu à sa maison

Abdelhadi a nourri une haine indéfinissable envers sa génitrice. Cette même haine l’a conduit à agir d’une manière incompréhensible. Il a mis le feu à la maison familiale à Azemmour. Sa mère a  failli succomber dans les flammes.
Après sa naissance en 1991 à Azemmour, cet enfant a toujours été protégé par l’amour de sa mère. Celle-ci ne l’a jamais abandonné. Elle a toujours pris soin de lui et a déployé tous ses efforts pour veiller sur son éducation. Cette mère qu’il déteste tant ne lui a jamais rien refusé. Quand il est arrivé à son septième printemps, elle l’a inscrit à l’école. Seulement, il n’a pas pu poursuivre ses études avec succès. Abdelhadi n’hésitait pas à s’absenter sans raison de l’école. Il se réfugiait au mausolée Moulay Bouchaïb où il passait la plus grande partie de son temps à contempler l’Oued Oum Rabiî. Il était toujours seul, sans compagnon. Son enseignant qui a remarqué qu’il était réservé et renfermé sur lui-même a convoqué sa mère pour l’aviser de son comportement. Stupéfaite, elle a demandé à Abdelhadi des explications de ses absences successives de l’école. Il n’avait pas de réponse. Elle a tenté de l’encourager à aller. Mais en vain. Abdelhadi a continué à s’absenter sans justification. À peine qu’il a commencé à décoder l’alphabet, il a abandonné définitivement les bancs de l’école. La mère s’est convaincue aussitôt que tous ses efforts se sont évaporés en un clin d’œil. Comment doit-elle se comporter pour le sauver du gouffre de la délinquance ? Cette question la taraude.
Abdelhadi n’a jamais prononcé le nom de son père. A chaque fois qu’il posait la question des raisons de l’absence du père, elle lui répond que celui-ci est mort juste après sa naissance. «Ce n’est pas vrai, tu mens…Tu m’as mis au monde en couchant avec plusieurs hommes…», lui a t-il répondu plus d’une fois. Sa mère est restée bouche-bée. Elle ne savait ni quoi lui dire ni quoi faire pour le convaincre que son père est décédé après sa naissance. Sa mère ne niait pas s’être prostituée pour gagner sa vie. Mais elle était sûre qu’Abdelhadi n’était pas le fruit de ses relations extraconjugales. Et qui est donc son père ? Les voisins ne l’ont traité que de bâtard. Depuis, Abdelhadi se réfugiait dans les murailles clôturant l’ancienne médina d’Azemmour.
C’est là qu’il a rencontré pour la première fois Zouhaïr, un clochard mineur qui inhalait la colle de dissolution. Ils se sont familiarisés au point qu’Abdelhadi lui a raconté son histoire. «Oublie tous tes problèmes en inhalant la colle à dissolution», lui dit Zouhaïr qui lui a tendu un tube de la colle à dissolution et un petit sachet en plastique. Il lui a appris la méthode pour l’inhaler. Depuis, Abdelhadi est devenu une autre personne, plus cruelle, plus violente et qui ne garde la moindre bribe de l’amour à sa propre mère. Il n’hésitait pas de l’insulter, la violenter et la menacer de meurtre. Il l’accusait d’être la cause principale de ses problèmes, de sa vie de clochard. Bref, elle est devenue son ennemi numéro un. C’est pourquoi il a pensé la liquider définitivement. C’est ainsi qu’il asperge une partie de la maison d’essence qu’il avait achetée.
Les éléments des sapeurs-pompiers sont intervenus pour circonscrire l’incendie. Heureusement, la mère d’Abdelhadi n’a pas été touchée par le feu. Seuls les dégâts matérielsont été enregistrés avant l’arrestation d’Abdelhadi qui a été remis entre les mains de la justice.

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