Il se déguisait pour dévaliser les femmes

Il se déguisait pour dévaliser les femmes

«Au secours, ils veulent me tuer !» C’est par cet appel adressé à l’officier de garde du poste de la gendarmerie de Aïn Diab que l’affaire commence. L’homme qui vient de faire cette entrée dramatique chez les gendarmes présente tous les signes de quelqu’un qui est terrorisé. En temoignent notamment les regards inquiets qu’il jetait vers la porte d’entrée, comme si quelqu’un l’avait suivi jusque dans les locaux de la gendarmerie.
Un gendarme entreprend donc de l’interroger. Mais Mohamed a encore du mal à retrouver son calme. Le gendarme patiente donc quelques instants avant de lui demander qui lui a causé les égratignures et les ecchymoses qu’il présente au visage et dans le cou. L’homme se présente. Il s’appelle Mohamed, âgé de trente-cinq ans et demeure au douar Al Îraki, sur la route d’El Jadida. Il affirme que suite à une altercation, il a été agressé par un jeune homme et sa sœur.
Quelle était donc la raison de cette altercation, demande le gendarme. «Un simple malentendu…», répond l’autre, sans paraître réaliser la disproportion entre sa crainte et la banalité de sa déclaration… Le gendarme enregistre la déposition, au cours de laquelle Mohamed donne les noms, prénoms ainsi que l’adresse de ses protagonistes…
Puis le gendarme rassure Mohamed. La procédure suivra son cours et les coupables seront arrêtés et déférés devant le procureur. Mohamed s’est enfin calmé. Il s’en va. Le lendemain matin, le même poste de la gendarmerie reçoit la visite d’une jeune femme. Elle souhaite porter plainte contre un jeune homme qui, dit-elle, «ne cesse de me harceler dans la rue et tente de me forcer à l’accompagner chez lui…»
Le gendarme de service, qui se trouve être le même que celui qui, la veille, a reçu la plainte du jeune homme, ne peut retenir un mouvement de surprise lorsque la jeune femme donne son nom et son adresse.
Le gendarme lui demande si elle a un frère ? Oui, a-t-elle répondu. Le gendarme n’en revient pas : il a devant lui le frère et la sœur dont Mohamed est venu se plaindre la veille.
D’ailleurs la plaignante confirme : c’est bien son frère qui a malmené Mohamed, «parce qu’il ne voulait plus me laisser tranquille…». La jeune feme explique alors comment, il y a quelques jours de cela, elle a croisé sur le chemin de retour du travail une femme vêtue d’une djellaba, portant le voile à la manière traditionnelle. Mais lorsque cette femme en djellaba s’est approchée d’elle pour lui parler, la jeune femme a remarqué «que sa voix était très masculine, trop pour qu’il puisse s’agir d’une vraie femme…» Elle a donc tenté de presser le pas pour tenter de lui échapper. Mais en vain. La vraie-fausse femme en djellaba l’a suivie comme une ombre, puis soudain, lui a fait une déclaration d’amour ! C’est alors que l’homme a retiré sa djellaba, révélant à sa victime sa véritable identité…
Sans perdre un seul instant, les gendarmes se lancent à la recherche de Mohamed. Il se trouve qu’ils recevaient depuis quelques temps une série de plaintes relatives à des agressions commises par un homme déguisé en femme… La chance est, dit-on, le meilleur ami du gendarme. Le proverbe venait une fois de plus de se vérifier.
Arrêté, Mohamed passe immédiatement aux aveux. Il reconnaît les faits, tous les cas d’agressions, un par un. Mais il se défend d’avoir eu pour première intention de les agresser.
Mohamed raconte ainsi sa pitoyable histoire. Sans emploi, abandonné par son épouse, il traverse une période de grande frustration sexuelle. Les filles qu’il tente de racoler le rejettent. Non seulement aucune ne finit dans son lit mais en plus c’est à peine si elles acceptent de lui parler. Pourquoi ? Il n’en sait rien… C’est ainsi qu’il imagine de se déguiser en femme pour au moins arriver à engager une conversation et là, peut-être…
Mais voilà que la première fille ainsi abordée, au moment où il finit par révéler qu’il est un homme déguisé, se méprend sur ses intentions et lui remet son sac à main et se sauve en courant. Dans le sac, un téléphone portable et une consistante somme d’argent lui donnent l’idée de changer de registre. La vraie-fausse femme en djellaba s’est donc mise à agresser méthodiquement.
Le jeune homme en mal d’amour converti dans le petit brigandage a fini en prison, avec une djellaba et un voile traditionnel comme pièces à conviction…

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