Il se faisait passer pour un cardiologue afin de voler des voitures de luxe

Il se faisait passer pour un cardiologue afin de voler des voitures de luxe

Nous sommes à Casablanca. Un homme  rentre dans un cybercafé, s’assoit sur une chaise et fixe l’écran d’un PC. Il n’adresse la parole à personne. Il surfe sur la toile. Il ferme un site pour ouvrir un autre  comme s’il cherchait une information précise. À sa droite, sur la table, il dépose un calepin et un stylo à bille. À chaque fois, il abandonne la souris du PC pour noter sur son calepin des numéros de téléphones portables et autres informations… De qui ? Et pourquoi? Deux heures plus tard, il quitte le cyber. Sur son chemin, il compose un  numéro sur son téléphone cellulaire. Ça sonne. Sans réponse. Il recommence. Toujours pas de réponse. Il compose un deuxième numéro. Il reçoit la réponse.
Le jeune homme qui se fait passer pour un cardiologue, précise à son interlocuteur qu’il est intéressé par l’achat de la Range Rover, 4×4, que celui-ci propose sur un site Internet pour la vente. Ils ont fixé rendez-vous pour le lendemain au quartier Aïn Chock. Chacun a révélé ses propres signalements pour se reconnaître le lendemain.
Vers 10 h du matin, ils se rencontrent à Aïn Chock. Ils s’attablent dans un café. Ils engagent une conversation à propos de la médecine au Maroc puisque le jeune homme s’est présenté au vendeur comme cardiologue.
«Je suis cardiologue à l’hôpital Ibn Rochd… Tu peux me contacter à n’importe quel moment si tu as besoin de n’importe quoi à l’hôpital, je serais à ta disposition à n’importe quel moment…», affirme le jeune homme au vendeur.
Le prétendu cardiologue, qui s’exprime dans la langue de Molière, commence, ensuite, à parler de la voiture. Il pose des questions et le vendeur répond.
«Je veux la voir… et même l’essayer si tu me le permets».
Le vendeur paie les consommations et l’invite à l’accompagner jusqu’au parking. Il lui indique la Range Rover. Elle est de couleur bleue métallisée, diesel. Le vendeur monte dans la voiture, démarre puis arrête la voiture. Le prétendu cardiologue ouvre la portière, monte et se tient à côté du chauffeur qui tente de faire un  tour. Une fois hors du parking, il lui demande de lui permettre de descendre. Il descend.
«Accélère», lui demande-t-il.
Le vendeur démarre. Tout d’un coup, il s’arrête puis il fait marche arrière pour rejoindre le prétendu cardiologue. Celui-ci lui fait remarquer que le pot d’échappement dégage plus de fumée.
«Non, il est en bon état… Je n’ai rien remarqué», lui répond le vendeur.
Le prétendu cardiologue lui confirme à nouveau la remarque.
«Pour te rassurer, tiens ce mouchoir en papier… Je vais monter dans la voiture. Tu vas mettre le mouchoir à la sortie de la fumée du pot d’échappement et tu verras…», lui précise le prétendu cardiologue. Alors que le vendeur a mis le mouchoir en papier pour tester le niveau de la fumée comme lui a indiqué le prétendu cardiologue, ce dernier démarre et part.
Ne sachant ce qui lui est arrivé, le vendeur se lève et regarde sa Range Rover qui s’éloigne de ses regards. Quelques secondes plus tard, le véhicule a disparu. Il attend son retour. Mais en vain. Rapidement, il s’adresse au commissariat de police à Hay Hassani-Aïn Chock et dépose une plainte. Une enquête a été diligentée. Les surveillances ont été effectuées à travers les quatre coins de Casablanca. Le samedi 7 novembre, les policiers ont remarqué la Range Rover garée dans un coin, juste à côté du complexe résidentiel Al Firdaous, quartier Al Oulfa. Tout d’un coup, le voilà accompagné d’une jeune femme qui  s’apprête à ouvrir la portière de la voiture. Et les policiers l’ont arrêté. Ce jeune homme de trente-huit ans, père de famille, a perpétré plusieurs vols de voiture de luxe avec la même méthode, surtout à Rabat et à Casablanca. Il les volait pour les revendre à une autre personne, activement recherchée, qui les écoulait en Algérie. Il a été traduit, le dimanche dernier, avec sa maîtresse, devant la justice à Casablanca.

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