Il se faisait passer pour un journaliste

Nous sommes à Caïdat Tamlakout, province de Taroudant. Les habitants de ce douar n’avaient qu’un seul souci : pouvoir bénéficier de l’électrification. Ils n’ont plus la patience de demeurer dans l’obscurité de la nuit. La lumière des bougies ne pouvait plus consoler l’envie d’avoir des lampes. Une situation qui est devenue insupportable au point où leur vœu s’était transformé en obsession collective qui leur hante l’esprit jour et nuit. Une obsession qui a pris de l’ampleur surtout quand ils ont entendu parler d’un projet d’électrification d’autres douars de la région. Alors pourquoi pas leur douar ? Les habitants ont frappé aux portes des responsables de la région en leur envoyant plusieurs lettres à ce sujet.
Brahim, un jeune du douar, participait à cette campagne pour l’alimentation du douar en électricité. Ce membre actif des associations de la région ne s’épargnait aucun effort pour rendre service aux habitants du douar en tentant de contacter toutes les personnes concernées de près ou de loin. Il est même arrivé à susciter l’intérêt de la presse sur ce problème et plusieurs journaux, en effet, ont publié des articles à ce propos. Et pour pouvoir réaliser le vœu collectif, l’idée de s’adresser à la télévision a commencé à germer dans la tête de Brahim. Ayant constaté que la presse écrite n’a pas donné de fruits, c’était, pour lui, l’ultime recours. Et par un pur hasard, alors qu’il parlait de ce problème avec un jeune homme rencontré dans un café de la ville de Taroudant, ce dernier lui a proposé la solution. «Je connais un certain Rachid, qui est journaliste. Il est venu en 2004 pour couvrir l’affaire du tueur de Taroudant, Abdelali», lance le jeune homme qui gardait encore le numéro de téléphone de ce journaliste.
Brahim l’ a noté puis a téléphoné le lendemain à Rachid. Un rendez-vous a été fixé et Brahim et Rachid se sont rencontrés. Outre la couverture pour une chaîne de télévision marocaine, Rachid lui a promis de mettre le dossier du douar entre les mains du ministre. Il lui a ainsi demandé d’organiser une rencontre avec les habitants du douar avant de faire un reportage télévisé. Plein de joie, Brahim a avisé les habitants qui ont préparé toute une fête à leur hôte. A la fin de la rencontre, ils lui ont remis, par l’intermédiaire de Brahim, une enveloppe de huit mille dirhams. En fait, il leur avait réclamé une somme de dix mille dirhams. Ils lui ont promis de lui remettre le reste lorsqu’il reviendra pour filmer. Seulement voilà, ce soi-disant journaliste n’a plus donné signe de vie.
Un mois passe, puis deux. Après avoir contacté la chaîne de télévision, Brahim a compris que lui et ses voisins du douar ont été victimes d’un escroc. Une plainte a été déposée. Et une souricière a été tendue pour retrouver et appréhender Rachid et celui-ci s’est fait prendre. Brahim lui a demandé de se rencontrer dans un café de Dchira, à Inzegane, afin de lui remettre les deux mille dirhams qui restent. Une fois arrivé, il a été épinglé par la police qui l’a remis à la justice de Taroudant. Il a été condamné à un an de prison ferme assortie d’une amende de mille dirhams.

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