Il tue l’amant de sa soeur

Abdelali est convaincu qu’il ne sera pas acquitté. Le jeune homme a avoué son crime. Ce qui le préoccupait par contre c’est le temps qu’il restera en prison. Il est conscient qu’il risque gros. «Je l’ai tué, M. le président…Mais je n’avais pas l’intention de le faire». Une phrase qu’il a répétée à maintes reprises quand il a été interrogé par le président de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca.
La même déclaration qu’il avait donnée aux enquêteurs de la police judiciaire casablancaise quand il a été arrêté. De même devant le Parquet général et le juge d’instruction. Il l’avait également expliqué à ses parents et ses deux frères quand ils lui avaient rendu visite la dernière fois à la prison. «Je n’avais pas l’intention de le tuer…Je ne pouvais même pas tuer une mouche…», a-t-il affirmé à ses parents en sanglotant. Ils l’ont cru. Ils savent qu’il n’était pas cruel. Il était, depuis son enfance, une personne sans problème.
Certes, il a abandonné tôt ses études. Toutefois, il n’est pas un délinquant. Il a beau essayer d’apprendre un métier mais en vain. Il a travaillé chez un mécanicien pendant quelques mois. Il n’a pas pu continuer chez lui.
Ses parents l’ont encouragé et conseillé d’y rester. Ils espéraient au moins qu’il apprenne un métier pour gagner honnêtement sa vie. Quand il fut rentré par les policiers à la salle d’audience, il a jeté des regards furtifs vers l’assistance. Ses parents, ses deux frères et ses voisins lui ont levé la main en signe de salut.
Il leur a lancé un sourire alors que les larmes coulaient de ses yeux.  «Tu es accusé d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens», lui rappelle le président de la Cour. Abdelali a gardé le silence pour quelques secondes avant d’expliquer : «Non, M. le président, je n’avais pas l’intention de le tuer…».
Les larmes aux yeux, Abdelali a ajouté à la Cour qu’il avait assené quelques coups de couteau à Ahmed, mais sans penser le tuer. «C’est lui qui m’a provoqué», a-t-il précisé. Le début de l’histoire remonte à quelques mois environ, quand sa sœur a entretenu une relation avec Ahmed.
Ce dernier est un jeune de son quartier, âgé de dix-neuf ans, élève en terminal. Abdelali n’a jamais accepté leur relation. Il l’a violentée tout en l’ordonnant de ne plus échanger le moindre mot ave lui. Mais, l’amour qui liait le couple était si fort qu’elle n’a pas pu abandonner son cavalier. Hors de lui, Abdelali s’est armé d’un couteau et s’est lancé à la recherche d’Ahmed. Un instant plus tard, il l’a surpris dans un coin de la rue de son quartier.
«Je t’ordonne de laisser tranquille ma sœur ou bien je vais te corriger», l’a-t-il menacé. Un comportement qui n’a pas plu à Ahmed. Hors de lui, il tente de l’humilier en lui disant que «C’est elle qui ne veut pas me laisser tranquille, parce qu’elle tient à mon…».
Ne pouvant plus contrôler ses nerfs, Abdelali a brandi aussitôt un couteau et a attaqué Ahmed qui est tombé après trois coups de couteausuccessifs. «Mais je n’avais pas l’intention de le tuer», a-t-il continué à répéter devant les juges. Ce qui a permis à la Cour de le faire bénéficier des circonstances atténuantes et de le condamner à 15 ans de réclusion criminelle.

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