Il tue sa voisine pour 100 DH

«Je ne me souviens de rien M. le président…», affirme le jeune mis en cause qui se tient au box des accusés de la Chambre criminelle, premier degré, près la Cour d’appel de Settat. Il s’appelle Abdelilah, il a à peine 16 ans. Si cet enfant d’un père, agriculteur de la région de Sid Al Aïdi, caïdat de Mzamza, province de Settat, et d’une mère, femme au foyer, avait mis ses pieds à l’école coranique durant uniquement une année, il n’a jamais été à l’école. À l’instar de ses frères, son père l’a chargé des travaux de la terre et des troupeaux. Encore adolescent, il a commencé à être victime de troubles caractérisés par des crises récurrentes. On découvrira par la suite qu’il était épileptique. Les médecins ne lui prescrivaient que des calmants qu’il prenait à chaque fois qu’il avait une crise.
Le jour du crime, a-t-il affirmé aux limiers de la gendarmerie royale de la région de Mzamza, il n’avait pas pris ses médicaments. Mais cela peut-il provoquer chez le patient des réactions agressives incontrôlables ? Non, a répondu le médecin qui a été chargé par la Cour de l’examiner. Selon le rapport du médecin, la personne épileptique ne perd pas connaissance ni conscience lors des attaques épileptiques, mais elle perd sa force d’agir. En conséquence, selon le rapport du médecin, l’acte de tuer nécessite une force dont Abdelilah disposait lors de son agression contre la vieille dame. Il est donc responsable de son crime, selon le rapport du médecin.  Et pourtant, Abdelilah ne cessait de répéter à la Cour qu’il n’était pas conscient au moment de son forfait.
Cependant, en se référant au procès-verbal de son audition, la cour a remarqué qu’Abdelilah avait raconté aux gendarmes tout en détail. Qu’est-ce qu’il leur a raconté ?
C’était un jeudi, jour du Souk hebdomadaire. Il s’était réveillé tard comme d’habitude. Ni son père ni son frère n’étaient à la maison. Quant à sa mère, elle est décédée depuis longtemps, alors que chacun des autres frères et sœurs a fondé son propre foyer.
Toujours selon ses déclarations aux gendarmes, il est rentré à la cuisine et a saisi un couteau. Pourquoi faire ? Il ne le savait pas au départ. Quand il est sorti de la maison, il a commencé à cueillir des figues de barbarie, les éplucher au couteau et les manger. Tout d’un coup l’idée de tuer sa vieille voisine lui a passé par la tête. Il n’y avait jamais pensé. Pourquoi cette fois-ci ? Il ne le savait pas.
D’abord, il savait que les deux enfants de la vieille femme étaient partis au souk et qu’elle se trouvait toute seule. Aussitôt, il a escaladé le mur pour se retrouver à l’intérieur de la maison. À pas de loup, il est rentré pour la surprendre seule dans sa chambre. Elle était en train de ranger ses affaires. Rapidement, Abdelilah s’est jeté sur elle et l’a fait tomber par terre.
La vieille dame a tenté de demander secours. Mais en vain. Il est arrivé à lui mettre la main sur la bouche et l’empêcher de crier. Après quoi, il l’a égorgée. Aussitôt, il a remarqué une clé attachée à sa ceinture et deux grandes caisses en bois situées dans un coin de la chambre.
Il a pensé qu’elle y cache de l’argent. Quand il a ouvert la première, il n’y a trouvé que des effets vestimentaires. Alors qu’à l’intérieur de la seconde caisse, il a mis la main sur un billet de cent dirhams et un bracelet en or.
Il les a dissimulés dans sa poche et a quitté la maison pour se tenir près du puits. Il y est resté assis jusqu’à l’arrivée de son père et son frère et leur a tout avoué. Son père l’a ligoté et a demandé à son fils d’alerter les gendarmes. Après délibération, la Cour le condamna à 25 ans de réclusion criminelle.

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