décembre 12, 2017

 

Il tue son amant pour se marier

Quartier Assalam, à El Jadida. Il est 17 h lorsque des véhicules de la police judiciaire s’arrêtent devant une résidence. Les agents de la PJ montent rapidement au premier étage. Ils cherchent l’appartement d’un artiste-peintre d’origine espagnole, Juan D.L, âgé de 70 ans. Attaché à cette ville côtière, ce ressortissant espagnol a décidé de s’y installer pour toujours. Mais pourquoi est-ce que la police est à sa recherche? Ce sont les amis de Juan qui ont fait appel à la P.J. La veille, ils étaient chez lui pour passer une bonne soirée autour de quelques verres. Lorsqu’ils l’ont quitté, ils avaient  convenu de prendre ensemble, le lendemain matin, leur petit-déjeuner dans un restaurant. Le lendemain, leur ami, Juan, n’est pas venu. Ils ont pensé, au départ, qu’il ne s’était pas réveillé, mais ils ont fini par avoir des doutes car il ne répondait pas au téléphone. C’est là qu’ils ont décidé d’aller le voir. Mais, personne ne leur a ouvert la porte. Ils ont donc alerté la police. Après avoir frappé à plusieurs reprises à la porte, la police a avisé le procureur du Roi pour avoir l’autorisation de la défoncer. Une fois entrés, les éléments de la P.J  découvrent le corps de Juan, gisant dans une mare de sang. Commencent alors les investigations pour retrouver le meurtrier. Ce n’était pas le premier assassinat d’un ressortissant étranger dans cette ville. La police, tout comme les habitants de la ville, se souviennent encore de l’assassinat, en décembre 2004, de l’universitaire et journaliste américain en retraite, George Waldo, âgé de 70 ans et installé depuis 1992 dans une villa à El Jadida. Il a été tué dans sa maison par un jeune Marocain de 24 ans. Encore plus récemment, le drame du ressortissant français, Bernard Laster, en septembre 2006, qui a été assassiné, lui aussi, à l’âge de 70 ans, dans son appartement situé à la résidence Al Amane et d’un autre Français, Jean-Paul Bernard, âgé de 67 ans, découvert sans vie dans sa demeure à « Al Mourabitine ». Ces trois crimes ont quatre points en commun. Le premier : les victimes sont des ressortissants étrangers de sexe masculin. Le deuxième : ils sont soit sexagénaires, soit septuagénaires. Le troisième point : ils ont été tués chez eux et le quatrième est qu’ils ont été tous victimes de crimes crapuleux liés à leur homosexualité.
Le meurtre de Juan ressemblait donc aux précédents. Les enquêteurs ont appris que Juan était lui aussi homosexuel et ont remarqué la disparition de sa voiture du garage,  situé à une centaine de mètres de chez lui. Personne n’a rien vu. Pas de témoins. Tous les services de sécurité ont été alors mobilisés pour retrouver cette voiture, immatriculée en Espagne.
Quatre jours plus tard, la voiture a été repérée lors d’un barrage de sécurité sur la route de Marrakech. Le conducteur a été arrêté. Trois personnes, dont une fille, étaient à bord et aucune d’elles n’avaient de permis de conduire. Le meurtrier, en tous cas, était parmi elles et c’était Abderrahim. Âgé de 19 ans, ce aide commerçant est l’auteur du crime. La fille, A.M, qui l’accompagnait n’était autre que sa maîtresse. Le jeune homme avec eux est son ami. 
Soumis aux interrogatoires, Abderrahim avoue avoir eu depuis quelques années une relation homosexuelle avec l’Espagnol en question. Seulement voilà, il a décidé de s’en débarrasser pour mettre la main sur son argent et sa voiture et pouvoir enfin se marier avec la fille qu’il aime.  Le soir du meurtre. « J’arrive dans quelques minutes », lance l’aide commerçant à l’Espagnol au téléphone.
Il arrive à l’appartement et demande à l’Espagnol de lui apporter un verre d’eau. Quand ce dernier a tourné le dos, Abderrahim s’est jeté sur lui et lui a planté un couteau. Juan s’est effondré. Abderrahim ne s’est pas enfui tout de suite. Il l’a étranglé avec ses deux mains avant de se précipiter vers le garage pour voler la voiture. M.B l’a rejoint ensuite pour partir ensemble à Casablanca, puis à Khmiss Zmamra. Après une brève visite à sa famille, il a pris la route, avec sa maîtresse,   vers El Jadida. Et c’est là où il s’est fait prendre.

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