Il tue son ami à coups de couteau

Il tue son ami à coups de couteau

«Je lui ai asséné deux coups de couteau», a balbutié Brahim devant les magistrats de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Meknès.
Les larmes aux yeux et mal vêtu, Brahim n’a pas nié les charges retenues contre lui. A la question est-ce qu’il avait l’intention de le tuer ou non, il répond : «Je ne crois pas que j’avais l’intention de le tuer…J’étais hors de moi, je n’ai jamais pensé tuer personne».
L’assistance écoutait avec attention ses déclarations. Mais qui est-il ? Qui est son protagoniste ? Pourquoi l’a-t-il tué ?
C’est en 1977 que Brahim a vu le jour dans la région de Kahf Nsour, à Khenifra. Issu d’une famille indigente, il a passé tous ses vingt-neuf printemps dans le calvaire.  Il a quitté tôt les bancs de l’école. Pour aider sa famille, il se débrouillait  comme il pouvait.
Un jour, il rencontre Abdellah son aîné de trois ans. Ce dernier avait eu la vie difficile, qui ressemble à celle de Brahim, avec la seule différence que le second n’a jamais mis les pieds à l’école. Au fil des jours, la relation entre les deux hommes a commencé à se développer au point qu’ils sont devenus inséparables. 
« J’ai une petite somme d’argent et je pense fabriquer une petite charrette que j’utiliserai pour vendre des cigarettes en détail, du bonbon, des amuse-gueules et des gâteaux pour enfants… », a confié Abdellah à Brahim. Brahim l’a encouragé.
Seulement, il a mis son ami en garde en lui expliquant qu’il aura des problèmes les autorités locales qui luttent contre les marchands ambulants. «Pourquoi ne participes-tu pas à ce petit projet si tu as quelques sous ?», lui a-t-il demandé.
Brahim qui n’a jamais pensé être marchand ambulant a hésité au départ. «Je ne supporterais pas la course-poursuite quotidienne qu’engagent les forces auxiliaires contre les marchands ambulants», a précisé à son ami Abdellah. Seulement, ce dernier a réussi à le convaincre. Et les deux amis ont commencé leur petit commerce pour gagner dignement leur vie et subvenir aux besoins de leurs familles. Leur commerce va bon train jusqu’au jour où Abdellah a décidé de ne plus être associé à Brahim. Pourquoi ? Aucune explication convaincante.
« Va te faire f… », lui a-t-il dit sur un ton menaçant. Brahim n’a pas compris les raisons de ce changement brusque.
Et à chaque fois qu’il se rendait chez lui pour lui demander explication, il ne recevait que les insultes et les injures. Un comportement agressif qui a mis Brahim hors de lui au point que des idées maléfiques ont commencé à lui hanter l’esprit. À chaque fois qu’il tentait de les chasser, les provocations d’Abdellah venaient les attiser. « Je dois me venger », a-t-il décidé. Une décision qui sera lourde de conséquences.
C’était un jour du mois février 2006. Brahim a acheté deux couteaux. Et il a commencé à chercher son adversaire, Abdellah. Il l’a croisé juste à l’entrée du marché central de Khenifra. Face-à-face et l’œil dans l’œil, Brahim n’a pas hésité à brandir les deux couteaux et l’attaquer comme un taureau. En un clin d’œil, il lui a asséné deux coups ; un coup au niveau de son épaule droite et l’autre au niveau de la poitrine. Abdellah lance un cri strident et tombe par terre.
«C’est un homicide avec préméditation et guet-apens qui mérite un châtiment sévère », a requis le représentant du ministère public. Prenant la parole, l’avocat de la défense a plaidé que Brahim a agi suite à des provocations successives.
« Il n’avait pas l’intention de le tuer le défunt, mais de le redresser… et par conséquent je réclame bénéficier mon client des circonstances atténuantes», a ajouté l’avocat.
Après les délibérations, la Cour a rendu son verdict : 25 ans de réclusion criminelle contre Brahim qui semble avoir regretté son acte criminel. Un regret tardif.

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