Il tue son ami pour avoir couché avec sa maîtresse

Il tue son ami pour avoir couché avec sa maîtresse

Rachid, qui était au banc des accusés, s’est levé quand le président de la Cour l’a appelé. Il n’a pas bougé comme s’il était cloué à sa place. Le président lui a demandé d’avancer vers le box des accusés. Et pourtant, il est resté à sa place comme si le président de la Cour ne lui a pas adressé la parole. Seulement, l’agent de la salle d’audience l’a saisi par la main et l’a conduit vers le box des accusés. Nous sommes à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. La salle d’audience est archicomble ce jour du mois de novembre. Il y avait trop de bruit au point qu’à chaque fois le président de la Cour intervenait pour demander à l’assistance de se taire. Rachid semblait perturbé. Normal, puisqu’il n’a jamais mis les pieds dans une salle d’audience. Bref, il n’est pas un repris de justice. Seulement, il a fini par commettre l’erreur de sa vie. Une erreur qui l’a rendu criminel, poursuivi pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.
«Il m’a provoqué, M. le président», a affirmé Rachid à voix basse ne permettant pas à l’assistance de l’entendre. «Doit-on tuer tous ceux qui nous provoquent ?», lui a demandé le président de la Cour qui feuilletait le dossier ouvert devant ses yeux. Rachid ne semblait pas avoir une réponse à la question du président. Il a gardé le silence. Aussitôt, le président de la Cour a commencé à lire le contenu du dossier tout en demandant à Rachid si les faits consignés dans le PV étaient vrais ou faux. Quels sont ces faits ? Rachid est un jeune de vingt-huit ans, employé de son état, célibataire, jouissant d’une bonne réputation. Tous ses voisins du quartier et ses collègues le respectaient et l’appréciaient. Au point qu’ils n’ont pas cru que Rachid avait commis un meurtre. Son amitié avec Mohamed remonte à leur adolescence quand ils se sont rencontrés, pour la première fois, au collège. Depuis, ils sont devenus des amis intimes qui ne se séparaient que rarement. Au fil du temps, chacun d’eux a abandonné les études pour décrocher un emploi. Mais, ils sont restés en contact. Ils se rencontraient souvent. «Entre-temps, j’ai rencontré Laïla avec laquelle j’ai entretenu une relation», a-t-il précisé à la Cour. Laïla, une jeune fille de vingt-deux ans, était en dehors de la salle d’audience. Elle attendait d’être appelée par la Cour qui l’avait convoquée comme témoin. En fait, Laïla n’était plus une jeune fille que Rachid a rencontrée pour passer le temps. Au contraire, elle était sa bien-aimée qu’il ne pensait jamais quitter. Bref, il l’aimait. Seulement, son ami, Mohamed, n’avait pas l’intention de les laisser tranquilles. Pourquoi?
«Il me disait à chaque fois avoir couché avec Laïla avant qu’elle soit ma bien-aimée», a-t-il répondu à la Cour.
Vrai ou faux ?
«Laïla m’a assuré qu’elle n’avait jamais eu de relation avec lui», a affirmé Rachid devant la Cour d’appel. «Je n’avais jamais eu de relation avec Mohamed. Je le connaissais à travers Rachid. Je ne savais pas pourquoi il a inventé cette histoire», a répondu Laïla à la Cour après avoir prêté serment. La jalousie ? Peut-être. Et s’il était vrai que Laïla et Rachid avaient partagé le même lit ? Tout est possible. Mais Laïla a continué à se disculper d’avoir la moindre relation avec Mohamed. Et Rachid a continué à affirmer que son ami, Mohamed, n’avait pas cessé de le provoquer en lui inventant l’histoire d’avoir couché avec Laïla. Le jour «J». Mohamed a recommencé à provoquer Rachid en lui expliquant que Laïla avait «tout fait» lorsqu’ils étaient sur le même lit.  Ne contrôlant plus ses nerfs, Rachid a donné un coup de poing à Mohamed avant de le pousser violemment. Mohamed est tombé par terre. Sa tête a cogné le trottoir. Et il a rendu l’âme quelques minutes plus tard. Un acte qui a coûté à Rachid dix ans de réclusion criminelle.

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